vendredi 9 décembre 2016

Biographie : Pierre DESVEAUX

Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Pierre DESVEAUX naît le 26 novembre 1850 au Village du Petit Jaugnat à Vitrac-Saint-Vincent (Charente). Au moment de sa naissance, son père est propriétaire. Il a déjà deux soeurs aînées dans la famille, Anne âgée de 6 ans, et Anne âgée de 3 ans. 

(source : Archives départementales de la Charente - 11 FI 416/001)
La naissance de Pierre succède à celle d'un autre Pierre décédé à l'âge de 10 mois à la Goirandie à Massignac, probablement quand la famille vivait alors chez leur grand-mère Anne FOURGEAUD. 
(source : Heredis 2017)
Comme on le voit, dans cette famille, il est habituel pour les hommes, tous propriétaires, de savoir signer. En revanche, on ne prend pas la peine d'apprendre à écrire aux femmes ... Les DESVEAUX habitent au lieu-dit du Petit Jauniat depuis des siècles (la première trace trouvée à ce jour date de 1781). C'est un lieu dit situé près de La Grange du Maître, domicile de la famille VEYRET avec laquelle les DESVEAUX ont de nombreuses alliances (on peut voir Catherine VEYRET dans l'arbre ci-dessus, arrière-grand-mère de Pierre DESVEAUX). 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 P)
Le corps de ferme qu'on peut voir sur le cadastre de 1839 existe toujours aujourd'hui. C'est une grosse exploitation agricole. Mon grand-père m'a dit qu'ils avaient des ruches, des boeufs, probablement aussi des cultures, mais je ne suis pas sur pour ce dernier point. L'élevage de boeufs serait lui confirmé par cette description de la commune dans un ouvrage du début du XXe siècle : "La commune de Vitrac-Saint-Vincent est une des plus importantes du canton ; elle tient le troisième rang comme superficie et le cinquième comme population. [...] L'agriculture est prospère ; l'élevage du bétail y tient le premier rang et la surface consacrée aux pâturages dépasse la moitié de la superficie totale de la commune." (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, p. 222)

(source : Google Maps)
Lorsque la dernière soeur de Pierre (encore une autre Anne, la troisième !) naît en 1855, il est alors âgé de 4 ans. Toute la famille est partie à Mouzon, au lieu dit de Chez Mourgoux. C'est une possession beaucoup plus récente de la famille plutôt associée à la famille FOURGEAUD (sa famille maternelle). Ils semblent faire des aller-et-retour entre Mouzon et Vitrac-Saint-Vincent (malheureusement les recensements sont incomplets), les deux villages n'étant séparés que par Montemboeuf. Lorsque Pierre a 10 ans, ils vivent à nouveau à Vitrac-Saint-Vincent, et lorsqu'il a 21 ans, ils sont de retour à Mouzon. En effet, en 1871, son père Jean DESVEAUX sera maire de cette commune et ajoutera un "m" pour "maire" à la suite de son nom depuis lors dans sa signature. 

(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - p. 206)
Lorsqu'il est âgé de 13 ans, sa soeur aînée Anne épouse Jean BROUSSAUDIER. L'année suivante, son autre soeur Anne épouse un autre Jean BROUSSAUDIER (frère du précédent). 

(source : Heredis 2017)
Le 23 avril 1872, les parents de Pierre, Jean DESVEAUX et Anne FOURGEAUD font venir leur notaire Maître HUGONNEAU de Massignac pour donner procuration à leur fils de passer un contrat de mariage. C'est Anne FOURGEAUD qui mène la barque, elle semblait être une forte femme et une forte personnalité (d'une part par la récurrence du prénom Anne dans la famille depuis qu'elle y est entrée, mais aussi parce qu'elle est présente partout et pour tous les actes). Traditionnellement, au XIXe siècle, les actes notariés se présentent dans la forme suivante : "Est comparu M. Untel, est comparue Mme Untel de son mari autorisée". Ici, nous avons la confirmation du caractère fort de "la Dame Desveaux" car la formulation de l'acte est assez particulière : 

(source : Archives départementales de la Haute-Vienne)
"a comparu : Mme Anne Fourgeaud sans profession, épouse de M. Jean Desveau propriétaire aussi sans profession avec lequel elle demeure au village de chez mourgoux commune de Mouzon. Laquelle assistée et autorisée de M. Desveau son mari, a ce présent, la fait et constitue pour son mandataire spécial, aux effets ci-après, et lui a donné pouvoir de pour elle et en son nom". C'est donc elle qui comparait, c'est elle qui gère l'argent dans la famille et son mari l'autorise à s'occuper de tout en toute indépendance. Dans cette procuration, elle autorise son fils Pierre à aller passer contrat de mariage à Rochechouart (Haute-Vienne) avec sa future épouse, et à y faire don dans ce contrat d'une "pension annuelle et viagère de trente francs", et "en outre pour deux cents francs d'objets mobilier qui lui seront livrés le jour et avant le mariage"

Louise BESSE (à gauche) et Pierre DESVEAUX (à droite) vers 1909. Sur toutes les photos de lui, il semble porter de larges favoris
(source : Archives personnelles)

Le contrat de mariage entre Pierre DESVEAUX et Louise BESSE, une orpheline héritière d'une certaine fortune immobilière, a lieu le 26 avril 1872 à Rochechouart (Haute-Vienne). Pierre est âgé de 21 ans et sa future épouse de 17 ans. La formulation étonnante a lieu à nouveau, le père de Pierre, Jean, agi "en son nom personnel et, en outre, en qualité de mandataire de la dite Anne Fourgeaud son épouse". Elle ne s'est pas déplacée, mais elle autorise son mari ! L'oncle de Pierre, Jacques DESVEAUX est également présent car il va lui faire une donation. Louise BESSE, orpheline, est représentée par son tuteur Jean TIPHONNET. Au delà des dons que nous avons vu ci-dessus, Jacques DESVEAUX (probablement pour équilibrer les apports des deux époux), fait une donation de 6000 F à son neveu. Il faut dire qu'il n'a pas eu d'enfants de son mariage avec Anne FOURGEAUD (soeur de notre Anne FOURGEAUD qui est la mère de Pierre qui nous concerne ...).

La future épouse de Pierre apporte une dot assez considérable puisqu'elle est orpheline avec pourtant un frère et une soeur encore vivants. Elle apporte en dot "la propriété qu'elle possède au village du Breuil et dans ses dépendances sur le territoire de la commune de Rochechouart et par extension sur le territoire de la commune de Pressignac" d'une valeur de 17 937,90 F, 1 263,75 F d'objets mobiliers ainsi que 1 500 F que lui doit son précédent tuteur Léonard LÉONARD, soit une dot totale de vingt mille huit cent dix-neuf francs cinq centimes.

Pierre DESVEAUX et Louise BESSE se marient le 7 mai 1872 à Mouzon (Charente) avec pour témoins Pierre POURSAC et Jacques DESVEAUX, oncles de l'époux, Jean GIRY, cousin de l'épouse et Jean LÉGER, oncle de l'épouse. 

Signatures au bas de l'acte de mariage
(source : Archives départementales de la Charente - 3 E 256/9 - p. 221)

Un peu moins d'un an plus tard, naît une petite Marie Joséphine au village de Chez Mourgoux (le plus peuplé de la commune) à Mouzon. Les DESVEAUX y vivent à plusieurs familles puisque les parents Jean DESVEAUX et Anne FOURGEAUD sont accompagnés de deux de leur filles Anne, de leur gendre Jean BROUSSAUDIER, de leur petit-fils Jean BROUSSAUDIER, et du jeune couple Pierre DESVEAUX (leur fils) et Louise BESSE (leur belle-fille). 

Recensement de 1872
(source : Archives départementales de la Charente - 6 M 128 - p. 5)

Il est probable que la famille élevait toujours des boeufs à Mouzon car "le sol est peu fertile et les récoltes sont médiocres" (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, p. 226). Alors que les parents continuent à vivre à Mouzon, le couple DESVEAUX-BESSE et leur jeune fille repartent vivre à Vitrac-Saint-Vincent dans la ferme du Petit Jauniat. C'est là qu'ils vivent en 1876 avec leur fille Marie Joséphine leur fils Jacques et leur domestique de 15 ans Catherine RIVET

Jacques DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et Louise BESSE et parrain de mon grand-père (vers 1909)
(source : Archives personnelles)

Ils sont un autre fils, Jean, en 1878, avant de déménager pour la commune de Suris (Charente) dans le lieu de Chez Rassat qui semble être une nouvelle acquisition de la famille car je n'y ai trouvé aucun cousin y habitant précédemment. L'activité ne fait aucun doute : "La principale industrie de la commune consiste dans l'élevage du bétail, principalement des boeufs limousins et des porcs. Près de la moitié de la superficie de la commune (475 hectares sur 1108) est couverte de belles prairies ; le reste est consacré à la culture des céréales, qui y donne des résultats satisfaisants. [...] Les foires, qui s'y tiennnent le 16 de chaque mois, sont importantes pour le bétail." (Jules MARTIN-BUCHEY, Géographie historique et communale de la Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Chez l'auteur, 1914-1923, pp. 115-116).

(source : Archives départementales de la Charente - 3 P)
C'est la que la famille de Pierre et Louise va s'établir jusqu'à leur décès. Leur fils Pierre y naît en 1881, puis Anne en 1883, puis une autre Anne dite Anne Mélina en 1887. 

Pierre DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et de Louise BESSE (vers 1909)
(source : Archives personnelles)

Le premier drame arrive en 1888, quand Anne, la soeur de Pierre meurt à Suris (Charente). Elle avait épousé Pierre JEANNOT, un boulanger, avec lequel elle avait eu 5 enfants. C'est Pierre qui vient déclarer le décès de sa soeur qui les quitte à l'âge de 33 ans.

Puis c'est au tour de sa mère, Anne FOURGEAUD, de les quitter en 1891, âgée de 69 ans. C'est alors que sa femme Louise BESSE tombe à nouveau enceinte. Grossesse peut-être surprise et en tout les cas tardive car elle est alors âgée de 39 ans. Ce sera leur dernier enfant et mon ancêtre, Baptiste DESVEAUX, qui verra le jour en 1893. 

Baptiste DESVEAUX, fils de Pierre DESVEAUX et de Louise BESSE
(source : Archives personnelles)
La famille continue tranquillement sa vie, rythmée des différents mariages et naissances auxquels Pierre sera invité à être témoin : 
  • le mariage de son neveu Jean BROUSSAUDIER avec Louise Rose DELAVALLADE
  • le mariage de sa fille Marie Joséphine DESVEAUX avec Jean MARSIQUET (son cousin au 3e degré)
  • le mariage de sa nièce Louise Françoise dite Marie JEANNOT avec Léonard FARGES
  • le mariage de son fils Jean DESVEAUX avec Anne dite Anna ROULON
  • la naissance de son petit-fils Jean Pierre Maurice DESVEAUX (fils des précédents)
  • le mariage de sa fille Anne dite Anne Mélina DESVEAUX avec Pierre BELLAMY
  • enfin, le mariage de son fils Baptiste DESVEAUX avec Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
Faire-part de mariage de Baptiste DESVEAUX et Yvonne SUIVRE
(source : Archives personnelles)
Bien sûr, la vie de Pierre est marquée par la guerre de 1870 et par la Première Guerre mondiale. La plupart de ses fils ne vont néanmoins pas partir à la guerre, pour problèmes de santé. L'aîné, Jacques, est exempté pour tuberculose pulmonaire, Jean, pour néphrite chronique (inflammation du rein), et Pierre pour palpitations et bacillose pulmonaire. 

Finalement, seul Baptiste part à la guerre suite à l'appel de mobilisation. Nous avons trois photos de lui en soldat. 

Baptiste DESVEAUX à l'armée
(source : Archives personnelles)
J'ai la copie de deux cartes postales émouvantes qu'il écrit à ses parents. La première est en date du 3 mai 1914, à Chaumont, jour exact où fut prise la seconde photo ci-dessus. Voici donc ce qu'apprit Pierre de son fils cadet, le seul parti à la guerre : "Chers parents Depuis que je suis rendu on ne nous laisse guerre moisir à Chaumont nous avons déjà découché une fois et la carte que je vous envoie est une photographie prise dans le chef-lieu du canton de Jusennecourt où j’ai passé la nuit. Je puis vous dire que la nuit il ne fait pas bien chaud dans les granges mais tout de même on est beaucoup plus tranquille qu’à la caserne. Mais il y a toujours ce soleil qui vous tape sur la coloquinte. Demain nous allons faire nos marches d’épreuves qui vont durer 4 jours. et on nous fait porter depuis 2 jours le chargement complet de campagne. Enfin on nous fait galoper du pays mais aussi on nous fait traverser de beaux champs de blé, je ne vous crois point que ça les arrange bien. Chez nous ils devraient s’allonger par ce temps doux mais ils voudraient peut-être de l’eau maintenant. Les pommes de terre devraient être belles aussi, mais là je n’en n’ai pas encore vu. Il paraît maintenant que nous n’irons pas au camp de Valdahon mais à un autre petit camp plus près Pour la seconde fois le vieux Babaud se fait mettre en Ballotage mais il réussira sûrement au 2e tour Marquet lui aura plus de mal. Bonne santé à vous tous et bonne reussite à la frairie de Suris. Desveaux soldat au 169e Régimt d’Inf 5e Compagnie"

La seconde carte qu'il envoie est datée du 22 juin 1914 au Camp du Valdahon, ce qui signifie qu'en un mois seulement, il a traversé la France à pied pour aller sur la ligne de front : "Chers parents, Ainsi que je vous l’avais dit le 17 nous sommes partis pour le camp, le 17 au matin à 2 heures. Nous sommes allés par le train jusqu’à Champlitte (Hte Saône) Ensuite nous sommes allés cantonner à Dampierre-s-Salon à 17 Kilomètres. Le lendemain à Frasne-le Château à 28 Kilomètres le 19 à Moncey (Doubs) à 35 Kilomètres le 20 à Glandon à 35 Kilom. le 21 au Valdahon à 30 Kilomètres. Aujourd’hui il pleut toute la journée et on ne fait rien. Je peux vous dire que les étapes sont dures dans ce pays de montagnes. En arrivant à Besançon j’ai vu les plus hautes montagnes que j’aie jamais vues encore. Il y a des forts au dessus, on dirait qu’ils sont perchés sur la Tour-Eiffel. Mais contrairement à ce que je pensais le camp du Valdahon n’est pas montagneux mais il est très boisé. Le 21e Rt d’Infrie de Langres est arrivé le même jour que nous et il paraît que le 60e de Bosmon va venir dans quelques jours. Des detachements du 4e et du 5e artillerie ainsi que du 35e Rt Infrie y effectuent leurs tirs : Je ne me porte point mal pour le moment et j’espère bien que les gens ne se plaignent pas trop de la quantité de foin, il serait aussi à souhaiter que vous en disiez autant Chez-nous. Partout où nous avons passé nous avons été bien reçus par les habitants j’espère que nous serons aussi bien reçus aux manoeuvres à Epinal. Votre fils qui vous aime Desveaux Baptiste 109e Régit d’Infanterie au Camp du Valdahon (Doubs)"

Il est émouvant de voir que leur fils est à chaque fois soucieux des problèmes agricoles qui doivent  les concerner. Le 31 mai 1915, Baptiste DESVEAUX fera partie des rare survivants de la terrible attaque de la Bataille de l'Artois où un grand nombre de ses compagnons d'armes est décimé : "A peine sorties des tranchées, elle sont en buttent à un feu violent de mousqueterie de mitrailleuses et de bombes lancées du bas du talus N4 pendant que les fusées illuminent sans arrêt la croupe du talus, et que l'artillerie allemande effectue sur les 1e et 2e lignes un tir de barrage avec des projectiles de tous calibres. [...] A droite, la 6e Cie est soumise à un bombardement continuel qui contusionne un grand nombre d'hommes. [...] 17 Tués - 50 Blessés" (source : Secrétariat général pour l'administration / Mémoire des hommes - 26 N 680/2 - pp. 40-41). Il perdra trois phalanges de la main droite, mais survivra au combat. 

Pierre DESVEAUX s'éteint le 10 mai 1937 à Suris, âgé de 86 ans, quelques mois après le décès de sa femme Louise BESSE. Il aura eu le temps de connaître son petit-fils, mon grand-père, que je peux voir ensemble sur une très belle photo commune. 

À gauche, Louise BESSE, au fond, Yvonne Marguerite Marie SUIVRE, puis Pierre DESVEAUX, à droite sûrement Jacques DESVEAUX (?), au premier plan, mon grand-père (en 1934).
(source : Archives personnelles)

mardi 6 décembre 2016

Les actes introuvables enfin trouvés !

Louis Noël GRÉLOT + Cécile Joséphine MÉTRAU
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Étienne dit Henri GRELOT
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Il y a parfois en généalogie ce que l'on nomme des "épines généalogiques" : des endroits sur lesquels on butte et où on se dit que jamais on ne trouvera la solution. C'était le cas pour moi le cas de la famille Grelot. Je dis bien c'était. Le site internet Genealogie.com s'est récemment transformé en Filae.com. Et l'une des grandes nouveautés est l'indexation de la totalité de l'État-Civil du XIXe siècle. J'ai donc tenté le tout pour le tout. Louis Noël GRÉLOT, né en 1824 à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher) a quitté son bourg natal pour l'aventure du chemin-de-fer en passant par l'Essonne, la Sarthe, l'Indre-et-Loire, la Creuse, et quantité d'autres régions où sa famille a essaimé. La dernière trace que j'avais de lui et de sa femme Cécile Joséphine MÉTRAU était à Clisson (Loire-Atlantique) dans les années 1880 et plus rien ensuite. Aucune idée de leur domicile. 

(source : Filae.com)
J'ai donc naïvement tapé son nom et son année de naissance dans le moteur de recherche et j'ai immédiatement eu comme résultats son acte de naissance et ... son acte de décès que je désespérais de trouver ! On peut directement cliquer sur l'acte et on est emmené à la bonne page du registre d'état-civil avec l'acte surligné pour bien voir où il se trouve. 

(source : Filae.com)
C'est donc avec une grande émotion que j'ai pu consulter l'acte de décès de mon ancêtre direct, pas si éloigné, mais que je ne trouvais pas, et que je n'aurais jamais trouvé à Chambon-sur-Voueize (Creuse). 

(source : Archives départementales de la Creuse - 4E52/21 - p. 191-
Louis Noël GRÉLOT, rentier de 78 ans, est donc mort dans cette commune alors qu'il habitait Montluçon (Allier). Je viens également de trouver le décès de sa femme, mon ancêtre Cécile Joséphine MÉTRAU à Château-la-Vallière (Indre-et-Loire) en 1901 à l'âge de 76 ans ! 

(source : Archives départementales d'Indre-et-Loire - 6NUM8/062/040 - p. 105)

Mais grâce à ce nouveau site, je trouve également les émigrés comme Pierre DEBANNE, huissier à Romorantin (Loir-et-Cher), né à Issoudun (Indre) et marié à Montmorency (Val-d'Oise), ou encore deux mariages GRELOT à Paris en 1882 et 1883. Ce site va être vraiment utile pour les frères ou cousins ayant émigré dans les grandes villes et dont on a perdu la trace. Ainsi que pour pouvoir retrouver facilement les actes dans les grandes villes comme Paris. En tout cas, c'est émouvant de découvrir de nouveaux actes 5 ans après avoir démarré sa généalogie sur des ancêtre si proches ! 

samedi 22 octobre 2016

La mort de monsieur du Peuch

Henry Bertrand Raphaël de BEAUDET
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Françoise de BEAUDET
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Catherine d'ARLOT de FRUGIE
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Madeleine CHEVALIER
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Jean VEYRET
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Pierre VEYRET
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Catherine VEYRET
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Élisabeth BOULESTEIX
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Jean DESVEAUX
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Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Une fois de plus, c'est Gallica qui m'offre une véritable mine d'or avec le livre de mon cousin le Comte Aymard de SAINT-SAUD sur ses ancêtres (et donc une partie des miens) intitulé Recherches sur le Périgord et ses familles : Généalogies périgourdines. Plus complet et plus récent que les nobiliaires douteux qui l'ont précédé, il a le mérite de citer les minutes de notaires, les cahiers d'Hozier, ou des travaux scientifiques qui prouvent les filiations. On y trouve notamment une généalogie très complète de la famille d'ARLOT de FRUGIE ainsi que de la famille de BEAUDET. Cette dernière étant une famille protestante, il y a très souvent moins d'écrits. 

Henry Bertrand Raphaël de BEAUDET est un petit seigneur du Périgord, descendant par sa mère Judith de LARMANDIE des ducs de Bourbon et donc des rois de France. Nous sommes entre les guerres de religion entre catholique et protestants et un peu avant la Fronde. 

(source : Heredis 2017)
Il fait trois mariages, de plus en plus prestigieux (ce qui peut laisser penser à une ascension sociale peut-être due à sa conversion du protestantisme au catholicisme qui lui permettent d'épouser des familles de la vieille noblesse catholique). Sa première femme, Marguerite de SAINT-OURS, est la fille de François de SAINT-OURS, seigneur de Cugnac. Elle ne lui donne pas d'enfants. 

Il épouse ensuite Charlotte de LOSSE, fille de Jean baron de LOSSE, petite-fille par sa mère du duc de Lavedan. Elle lui donne quatre enfants : trois filles (mon ancêtre Françoise, Catherine morte jeune et Marie religieuse) et un fils et héritier Louis. 

Enfin, et c'est là que les problèmes commencent : il épouse Marie d'HAUTEFORT, fille de François marquis d'HAUTEFORT et veuve de François d'AUBUSSON, seigneur de Beauregard.

(source : Heredis 2017)
Le problème des HAUTEFORT, c'est que le père a fait beaucoup de bâtards. Dont un Charles d'HAUTEFORT, qui est un peu jaloux de ses soeurs légitimes et de leurs maris. Peut-être voudrait-il récupérer l'héritage ... Toujours est-il qu'il coince Henry Bertrand Raphaël de BEAUDET (on va l'appeler par son surnom de l'époque, Monsieur du Peuch, pour faire plus court) dans le bois de Bastit à Fossemagne (Dordogne). 

Père Igor, Le plan d'eau du camping du Manoire, sur le ruisseau le Manoire, Fossemagne, Dordogne, France, 2012
(source : licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Il est venu accompagné de Godefroy de LA ROCHE-AYMON, baron de La Farge. Les raisons de Godefroy sont encore plus tordues que celles de Charles d'HAUTEFORT pour vouloir tuer Monsieur du Peuch. En fait, le fils de Monsieur du Peuch dont on a parlé tout à l'heure, était fiancé à Françoise d'AUBUSSON, la fille du premier mariage de sa belle-mère Marie d'HAUTEFORT (sa demi-soeur par alliance en quelque sorte) ...

(source : Heredis 2017)
Bon, finalement, Godefroy a épousé Françoise d'AUBUSSON, mais du coup, Louis de BEAUDET lui a fait des menaces (pas trop heureux de s'être fait chiper sa demi-soeur-par-alliance sous le nez). Finalement, Godefroy meurt dans la bataille (probablement tué par le père de Louis, Monsieur du Peuch, qui lui-même meurt de six coups d'arquebuse !

PÉRÉE et WILLEMIN, Portrait de Louis XIII, vitrail représentant Louis XIII tirant de l'arquebuse, exécuté par Linard Gonthier, peintre de la ville de Troyes, détail, s.e., 1643
(source : Gallica/BnF)
Oui, parce que ce n'est plus un combat de chevaliers à l'épée. La Renaissance est passé par là, et c'est une bataille à coup d'arquebuse (l'ancêtre du fusil) digne du Far West qui se joue dans les bois de Fossemagne. Il faudra six coups pour achever Monsieur du Peuch qui en profitera sûrement pour tuer le rival de son fils, Godefroy de LA ROCHE-AYMON

Son fils, justement, sera lui-même tué par Pierre BABUT, sieur de Roumeguil et premier consul de La Linde (sûrement le successeur de Monsieur du Peuch) quatre ans plus tard en 1648. La situation est parfaitement résumée par le comte de Saint-Saud : 

Aymard de SAINT-SAUD, Recherches sur le Périgord et ses familles : III. Généalogies périgourdines, Bergerac, J. Castanet, 1898
(source : Gallica/BnF)
C'est justement comme ça que mon ancêtre Françoise de BEAUDET devint la seule héritière de son père (son frère étant mort et son unique soeur survivante étant religieuse). Elle épousa Hélie d'ARLOT de FRUGIE qui hérita ainsi par elle de la seigneurie de La Roque. 

(source : Heredis 2017)
Cette ascendance est prouvée par le Nouveau d'Hozier 12 rédigé au moment de la constitution des preuves de noblesse de cette famille que j'ai pu consulter cet été à la Bibliothèque nationale de France. 

(source : Bibliothèque nationale de France - Nouveau d'Hozier 12 - MF 28022)
"Hélie d'Arlot, Sgr de Ste Marie, de Cumont, 
de Sallebeuf, et de la Roque, ep le 21e de Juin
1654 Françoise Baudet, fille de Gabriel
de Baudet, Ec Sgr de Peuch ; et du Fourset, 
fut maintenu dans sa noblesse avec Jaques d'Arlot, 
son frère ainé, par Avis du Conel d'Etat, du 17e
de novbre 1668. et il testa le 16. Avril 1682."

mercredi 19 octobre 2016

Quatre ancêtres dans le même acte de mariage

(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 034/002 - p. 367)
Le trent aoust mil six cens quatre vingts
  huit furent Epousez canoniquement Jean Pinon
  fis de Nicolas Pinon & de Marg. Conneaux d’une part
  Et Catherine Courant fille de Silvain Courant
  et de Jeanne hardouïn d’aut. part de cette parr.sse
  Et Silvain Jupeau fis de Jacq. Jupeau
  et Louise Blanchard de la parroisse de [...] d’une
  part Et Marie Courant fille de Silvain Courant &
  de Jeanne hardouïn de cette parroisse d’aut. part pnt les
  Susdt Peres & meres veu au prealable la dispense de  
  Lempeschement du quatte de consanguinité entre
  Lesdts Jean Pinon & Catherine Courant en datte du 
  vingt un du Courant Signée Le Large & au dessous
  par mond. Sr de la porte et le certificat de congé signé gaud[…]
  Curé de  [...] en datte du seize du courant. 

Voilà un acte de mariage comme on en rencontre souvent au XVIIe siècle. Silvain COURANT et Jeanne HARDOUIN marient leur deux filles à Chabris (Indre) : Catherine épouse Jean PINON et Marie épouse Silvain JUPEAU. C'est le premier mariage PINON-COURANT que je cherchais, mais je décide quand même de rentrer le deuxième mariage dans mon logiciel de généalogie (en me disant que ça me servira toujours pour la généalogie descendance). Mais en cherchant le nom de JUPEAU qui me disait quelque chose, je réalise que le couple JUPEAU-COURANT existe déjà dans mon logiciel. En effet, je descends deux fois du couple Silvain COURANT et Jeanne HARDOUIN par leurs deux filles respectives. En un acte de mariage, j'ajoute donc six ancêtres à ma généalogie. 

Je descends donc de Catherine COURANT

Silvain COURANT + Jeanne HARDOUIN
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Catherine COURANT
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Jean PINON
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Jean PINON
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Jean PINON
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Jean Pierre PINON
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Jean Pierre PINON
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Agathe Adélaïde PINON
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Joseph PERLY
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

On notera l'originalité de la famille PINON qui appelle tous ses fils Jean pendant trois générations avant d'enfin varier pour Jean Pierre. 

Et voici mon lien de parenté avec sa soeur Marie COURANT

Silvain COURANT + Jeanne HARDOUIN
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Marie COURANT
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François JUPEAU
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Marie JUPEAU
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Pierre Macé RICHETIN
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Angélique RICHETIN
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Toussaint Silvain SOUCHAY-GAVEAU
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Alphonsine Florestine SOUCHAY
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Eugénie Camille PÉROLAT
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Comme on peut le voir, il s'agit d'un lien de parenté extrêmement éloigné pour mon arrière-grand-père avec ces eux femmes (plus de 7 générations). 

samedi 15 octobre 2016

Eugène Ernest MÉTREAU, l'abbé défroqué

Louis MÉTRAU + Marie Marguerite FOLTIER
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Pierre Benjamin MÉTRAU        Cécile Joséphine MÉTRAU
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Eugène Désiré MÉTREAU            Étienne GRELOT
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Eugène Ernest MÉTREAU   Berthe Louise Stéphanie GRELOT
                                               |
                                            Mon grand-père
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                                                Ma mère 
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                                              Moi

Mon cousin Eugène Ernest MÉTREAU est le fils d'Eugène Désiré MÉTRAU, un modeste sabotier, avec Sylvine Julie BIGOT, une sage-femme. C'est le cousin au troisième degré de mon arrière grand-mère. Il devient élève ecclésiastique au séminaire, quand éclate la Grande Guerre. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 2 MI 48/R57 - p. 700)
Bien que natif de Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), il fait son séminaire à Chartres (Eure-et-Loir). Il est châtain aux yeux bleus et mesure 1 mètre 68. Le 24 juin 1917, le journal Dieu et Patrie fait mention de ce cousin, et j'apprends qu'il avait une cure à Romilly-sur-Aigre (Eure-et-Loir). 

***, Dieu et Patrie : l'héroïsme du clergé français devant l'ennemi, n° 108, 24 juin 1917, p. 888
(source : Gallica/BnF)
Nous sommes donc bien dans le diocèse de Chartres, sur son livret militaire, il est dit brancardier, et l'article ici le qualifie d'infirmier militaire (il fait en effet partie des sections des infirmiers militaires). Il s'agit donc bien de mon cousin. Il semble néanmoins que la guerre lui fait changer d'avis sur ses voeux car il se marie (d'après son acte de naissance, je n'ai pas encore pu consulter l'acte de mariage) le 8 février 1922 au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) avec Marie Marguerite CROSNIER. En tout cas, c'est un autre religieux (bien qu'éphémère) à rajouter à la liste de notre famille

samedi 17 septembre 2016

Une opposition venant de la famille

Claude BELLANGER + Jeanne COUSIN
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Jean BELLANGER
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Anne Madeleine BELLANGER
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Prosper Basile MARÇAIS
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Prosper Vincent Charles MARÇAIS
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Delphine Hortense Caroline MARÇAIS
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Henry Charles Joseph MESLAY
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Robert Eugène Henri MESLAY
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Ma grand-mère

Davitof, Rémalard - église Saint-Germain, 2011
(source : licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Nous sommes le 7 février 1701, dans le bourg de Rémalard (Orne). Devant l'église Saint-Germain-d'Auxerre se présentent Claude BELLANGER, fils de François BELLENGER et de Françoise GUIOT, et Jeanne COUSIN, fille de Jean COUSIN et de Louise LEVOESNE. Ils sont heureux de pouvoir se marier, car, quelques jours auparavant, un rebondissement de taille est arrivé ! 

(source : Archives départementales de l'Orne - 3NUMECRP345/EDPT57_16_1 - p. 101)
"avec opposition formee
par Claude Levoesne, solüe par monsieur l'official de 
Chartroré le mardi vingtcinquieme jour de Janvier
1701, led. opposant, [...], condamné aux
depens et ordonné qu'on passeroit outre à la publication
desd. bans et celebration dud. mariage sans que depuis
il nous ait apparu d'aucune opposition ny empêchem[ent]
je sousigné comme dessus, vû le contrôle desd. bans
par Lange à mortagne le mardi quatrieme jour
de feurier 1701, ay fait la celebration dud. mariage"

Claude LEVOESNE porte le même nom de famille que la mère de la mariée. Il faudra déterminer s'il s'agit du grand-père, du cousin, de l'oncle, de la mariée. Pour quelle raison ne voulait-il pas que sa parente Jeanne COUSIN se marie avec Claude BELLANGER ? Il a en tout cas été condamné, ce qui laisse à penser que sa raison n'était pas recevable. Les deux mots que je n'ai pas réussi à transcrire sont peut-être un terme latin d'usage. En tout cas, les deux auront pu se marier en présence de leur famille et amis. 

lundi 12 septembre 2016

Le domicile de Louis Victor BRANCHU

Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

J'étais aujourd'hui en visite dans le deuxième arrondissement de Paris, et j'ai voulu en profiter pour essayer de voir l'immeuble où a vécu mon arrière-arrière-grand-père et sa fille (mon arrière-grand-mère, que j'ai connu) au 11 rue de Radziwill. En effet, c'est là où il vivait et exerçait la profession de photographe dans son établissement : la Photographie de la Banque de France (dont une brève histoire est disponible sur mon site). 

GARNIER frères, Nouveau Plan de Paris et des communes de la banlieue, Paris, 18..
(source : Gallica/BnF)
La rue Radziwill est cette toute petite impasse soulignée en rouge, collée à la Banque de France. C'est une rue très bien située dans Paris, à une rue du Palais Royal et du Palais des Tuileries, tout près de la très belle église Notre-Dame-des-Victoires et de la Bibliothèque nationale de France. 

Je n'ai pas pu accéder à cette rue qui a été privatisée par la Banque de France et fermée d'un grand portail par lequel semblent ne pouvoir accéder que les employés. Néanmoins, j'ai trouvé une plaque amusante sur le premier immeuble de la rue. 

(source : photo personnelle)
Le compositeur François COUPERIN avait, deux siècles avant mon ancêtre, vécu dans cette même rue, en plein coeur de Paris !