mercredi 5 août 2015

Un road-trip généalogique

Pays/territoire : Nouan-le-Fuzelier, France
Je fais actuellement un road-trip généalogique dans le Berry avec ma mère afin de visiter les lieux de vie de nos ancêtres. Sur le chemin, nous sommes passés par Nouan-le-Fuzelier.

Une rue de Nouan-le-Fuzelier
(source : photo personnelle)
Contrairement aux autres villages de Sologne construit dans la traditionnelle pierre blanche, les villages autour de Nouan-le-Fuzelier, dans ce coin de la Sologne comptant de nombreux étangs, sont construits majoritairement en briques, ce qui leur donne une atmosphère particulière. C'est ici que nous avons décidé de consulter les premiers registres en mairie pour les actes du début du XXe siècle qui ne sont pas numérisés. 

Mairie de Nouan-le-Fuzelier
(source : photo personnelle)
Nous avons eu un accueil extrêmement sympathique de la part de l'employée de mairie qui nous a fourni tous les registres que nous souhaitions consulter. Pour rappel, les registres de naissance et mariage sont librement consultables jusqu'à 1940 (75 ans d'ancienneté) et les registres de décès et tables décennales sans limite de consultation. 

Maison Debanne-Frémeau à Châteauneuf-sur-Cher
(source : photo personnelle)
Nous avons continué à Châteauneuf-sur-Cher où nous avons trouvé de nombreux actes de cousins, mais aussi et surtout tous les actes de décès de mes grands-parents, arrières-grands-parents, arrières-arrières-grands-parents et jusqu'à mes quintaïeuls que je ne possédais pas car morts au XXe siècle, comme Françoise PICOT, née en 1832 et morte en 1918 âgée de 87 ans !

Acte de décès de Françoise PICOT
(source : Archives municipales de Châteauneuf-sur-Cher - 1918-1921)
Bien sûr, un tour dans les cimetières (celui de Châteauneuf et de Saint-Loup) où j'ai pu photographier de nombreuses tombes familiales comme cette étonnante tombe MONORY avec des fleurs de lys sur la croix. 

Tombe Virginie MONORY et Joseph WENTZEIS dans le cimetière de Saint-Loup-des-Chaumes
(source : photo personnelle)
En passant par l'État-Civil d'Issoudun, d'Uzay-le-Venon et de Saint-Amand-Montrond. À noter que pour Issoudun et Saint-Amand qui sont des grosses villes, l'État-Civil antérieur à 1912 ou 1915 est à la bibliothèque de ces villes (où nous l'avons consulté) et pas à la mairie. En tout cas, les officiers d'État-Civil ou secrétaires de mairie ont l'air habitués à cette demande et nous fournissent sans aucun problème les registres que nous demandons, quand il ne nous laissent pas l'armoire à disponibilité où nous pouvons nous servir nous même. Conclusion : profitez des vacances pour visiter les mairies de vos villes et villages d'origine pour faire le plein des actes qui ne sont pas encore sur internet !

lundi 15 juin 2015

Une dispense de bans pour Pierre François VINET et Catherine RICHARD

Pays/territoire : La Rochelle, France
Pierre François VINET + Catherine RICHARD
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Marie Jeanne Modeste VINET
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Eugène Désiré BENOIST
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Estelle Marie BENOIST
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André Eugène Théodose HULIN
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce et mon neveu

Aujourd'hui, je suis tombé, accolé à l'acte de mariage de Pierre François VINET, marchand à Trémentines (Maine-et-Loire) et Catherine RICHARD, sur une dispense de bans de l'évêque de La Rochelle numérisée par les Archives départementales du Maine-et-Loire. Je n'avais jamais eu l'occasion de lire pareils documents. Voyons ce qu'ils pouvaient contenir. 

(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1762-1770 Communale - p. 29)
AUGUSTIN ROCH DE MENOU, par la grace de Dieu, & 
l’autorité du Saint Siége Apostolique, Evêque de la Rochelle, 
Conseiller du Roi en tous ses Conseils : Permettons au Sr. Curé
ou Vicaire de la Paroisse de Trementines de Notre Diocèse
de recevoir à la Bénédiction Nuptiale
Pierre françois Vinet de la Paroisse de treize voix Diocèse
de Nantes et Catherien Richard Sa Paroissienne
nonobstant le défaut de publication de deux Bans dont nous les avons dis-
pensé #, pourvû que d’ailleurs il n’y ait aucune opposition ni empêchement civil
ou canonique, qu’il apparoisse du consentement des parens, & à condition
qu’il y aura jour franc entre la Publication d’un Ban & la
célébration de leur Mariage, & qu’on donnera pour les Pauvres une aumône
de huit Livres en observant au surplus ce qui est 
prescrit par le Rituel & les Ordonnances. DONNÉ A La Rochelle En Notre
palais episcopal le Vingt quatre Juin mil sept cent soixante-trois. nous
dispensons en outre Les Susdites parties des deux jours francs qui doivent
se trouver entre la publication d’un ban et la celebration de leur mariage
et Leur permettons de fiancer immediatement avant de recevoir la 
bénédiction nuptiale. # à condition que le dit Pierre françois Vinet
obtiendra pareille dispense de M. L’Evêque de nantes ou fera
publier trois bans dans ladite Paroisse de Treize voix. 

Il ressort de cet acte plusieurs informations. Tout d'abord, l'évêque fixait un "prix" à cette dispense. Ici, il s'agit d'une aumône de 8 livres au pauvres. Ensuite, le marié vient de la paroisse de Treize-Vents (que l'évêque appelle Treize-Voix). Enfin, il est extrêmement surprenant que la ville de Trémentines dans le Maine-et-Loire dépende de l'évêché de La Rochelle en Charente-Maritime alors que la ville d'Angers est située beaucoup plus près comme on peut le voir sur cette carte. 

(source : Heredis 2014)
1. La Rochelle
2. Trémentines
En tout cas, c'est la première fois que je tombais sur une dispense de bans. Et vous, avez-vous déjà lu de pareils documents ?

mercredi 3 juin 2015

#ChallengeAZ Chevron renversé pour la famille DAVRIL

Pays/territoire : Châteauneuf-sur-Cher, France
Paul DAVRIL
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Jeanne DAVRIL
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Pierre BURET
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Hélène BURET
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Anne PRIGAT
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Jeanne Virginie DOUARD
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Victorine ROBERT
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Virginie MONORY
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Le chevron est sûrement le meuble héraldique le plus commun qui existe, comme on peut le voir sur les armes de mon ancêtre Pierre TULLIER qui sont représentées sur un vitrail de la cathédrale de Bourges. 

(source : MOSSOT, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Sur les armes de mes ancêtres DAVRIL figure un chevron renversé, ce qui est bien plus rare et original ! 

(source : Armorial Général de France - Tome 5 - Bourges - p. 53)

Si l'on remarque une proximité entre les deux armes, c'est peut-être parce que la quintaïeulle de Paul DAVRIL n'est autre que Jeanne TULLIER, petite fille de Pierre TULLIER dont vous voyez les armes en haut de cet article. 

#ChallengeAZ Bande pour les bâtards de Bourbon

Jean II de BOURBON
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Charles de BOURBON
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Jean de BOURBON
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Françoise de BOURBON
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Judith de LARMANDIE
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Henri Bertrand Raphaël de BAUDET
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Françoise de BAUDET
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Catherine d'ARLOT de FRUGIE
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Madeleine CHEVALIER
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Jean VEYRET
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Pierre VEYRET
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Catherine VEYRET
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Élisabeth BOULESTEIX
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Jean DESVEAUX
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Pierre DESVEAUX
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Baptiste DESVEAUX
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Normalement, les bâtards portaient sur leur blason une barre (l'inverse d'une bande), c'est à dire une pièce droite partant du haut à gauche jusqu'en bas à droite. Pour ce qui est des bâtard de Bourbon (Charles de BOURBON, fils naturel de Jean II duc de BOURBON et de Louise d'ALBRET), il fut légitimé et eut le droit de porter une bande aux armes de Bourbon ancien dont j'ai trouvé une belle réalisation sur Wikipedia (avec un beau cimier représentant un phénix). 

(source : Katepanomegas, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)

mardi 2 juin 2015

#ChallengeAZ Armes parlantes des AYNARD

Pays/territoire : Lyon, France
L'héraldique ayant servi de symbolique en des temps où une minorité de la population savait lire, il est fréquent de trouver des armes dites "parlantes", c'est à dire formant un rébus servant à décrire le nom de famille. Ce sont généralement les armes que je préfère car je les trouve très astucieuses. Aujourd'hui, nous parlerons de la famille AYNARD, ancêtres de ma grand-mère. 

(source : Heredis 2014)
Comme on peut le voir sur cette image de mon arbre généalogique, leur blason est constitué d'un arbre et d'une haie. En voici l'explication : "Mon grand-père Joseph Aynard n'appartenait pas à ce que l'on appelait alors l'ordre de la noblesse, mais il avait des armoiries que j'ai retrouvées dans les empreintes d'un cachet, sur son livre de famille, à la date de 1764. Comme presque toutes les armoiries elles sont parlantes ; on a reproduit les deux syllabes du nom Ay-nard par une haie et l'arbre qui s'appelle Nard." (Théodore AYNARD, Tableaux généalogiques des familles Aynard et Jordan-Dugas avec notes préliminaires, Lyon, Mongin-Rusaud, 1892, p. 16-17)

Une évocation en est faite dans la page de garde du livre. 

(source : Gallica/BnF)
Ainsi qu'à la page 24 avec une devise en latin : "Arar rhodanus credo valserena danus". Y a-t-il des latinistes qui en connaitraient la signification ? 

(source : Gallica/BnF)

vendredi 29 mai 2015

1759, le plus vieil acte des FREMEAU

Pays/territoire : Villecelin, France
André FREMEAU + Marie RONFET / ROMPHÉE
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Laurent FREMEAU
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Claude FROMEAU
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Marc FROMEAU
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Jean FRÉMEAU
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Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Tout a commencé cet après-midi avec un tweet de Benoît PETIT, qui était aux archives départementales du Cher et qui a trouvé cet acte de mariage entre Philippe FREMEAUX et Marie BARACHET à Saint-Symphorien (Cher). Mon nom de famille étant relativement rare, il l'a pris en photo et me l'a transmis. 

(source : Archives départementales du Cher)
"Lan mil Sept cent quarante quatre le vint huitieme janvier
apres la publication de trois bans de mariage faitte tant dans cette
Eglise que dans celles de St Baudelle et de venesmes dentre philippe
fremeaux fils de defunct andre fremeaux manoeuvre et de marie
Ronfet ses pere et mere à cette parroisse Le dit fremeaux agé denviron
vingt ans et authorisé par Sa mere. avec marie Barachet agee denviron
vint quatre ans fille de jean barachet et magdeleinne Begassat ses pere
et mere parroisse de venesmes veü Les Congés des Srs cures de venesmes
et St Baudelle en datte du vint Six et vint huit du courant signé
le dion curé de St Baudelle et amrcelle cure de venesmes Sans opposition
Les fiancailles celebrés jay Curé Soubsigne reçu Les Sus dittes parties a la 
benediction nuptiale apres quils Se Sont donnés Leurs mutuels consentements
de mariage en presence de jean bordry magdeleinne begassat francois
dulac jean aubrun et plusieurs autres qui ont dit ne Scavoir Signer
de ce Enquis"

Le couple André FREMEAUX et Marie RONFET serait donc originaire de Saint-Baudel (Cher), du moins au moment du mariage de leur fils en 1744. Mais cet acte de mariage ne concerne que le frère de mon ancêtre Laurent FREMEAU. C'est alors que Benoît PETIT m'a signalé que les archives de Villecelin étaient enfin disponibles sur Geneanet (alors que je surveillais régulièrement leur apparition, je n'avais pas encore vu ce registre). C'est ainsi que j'ai trouvé l'acte de mariage de mes ancêtres, le plus ancien que je possède concernant cette famille. 


(source : Archives municipales de Villecelin - 1711-1792 Mairie - p. 119)
"L'an mil sept cent cinquante huit le vingt-
-troisiême jour du mois de Janvier apres La publication
des trois bancs faitte en cette Eglise au prône de nos 
messes paroissiales par trois dimanches consecutifs sçavoir
les sept, quatorze, et vingt un du present mois, entre
Laurent fremeau fils majeur de droit et de coutume
de deffunct andré fremeau journalier, et de deffuncte
marie Romphée agé de vingt huit ans ; et Marie
barachet fille de Claude barachet Laboureur, et de 
Jeanne Richard agée de seize ans, tous de cette
paroisse sans qu'il nous ait apparu aucun empechem-
-ent ou opposition civile ou canonique ; et aprés les
fiançailles Celebrées en cette Eglise le vingt un du 
présent mois ; les susdittes parties etant munies des sacre-
ments de penitence et d'heucharistie ; je prestre curé
soussigné ai reçu en cette Eglise le mutuel consentement
des susdittes parties, et leur ai donné La benediction nup-
tiale avec les Ceremonies prescrittes par La Ste Eglise
en presence de Philippe fremeau frere de L'Epoux, 
de pierre fremeau cousin germain ; et de Claude
barachet pere de L'Epouse qui L'a deûment authorisée
et de Philippe pitaut tous de cette paroisse, qui 
ont declaré ne sçavoir signer de ce interpellés./."

La jeune épouse de 16 ans, Marie BARACHET, est l'homonyme de la belle-soeur de Laurent FREMEAU, bien que n'étant pas de la même famille. Ne reste plus qu'à trouver le lieu et la date de mariage d'André FREMEAU et Marie RONFET pour pouvoir continuer à explorer l'ascendance de notre famille. Mais cela ne pourra ce faire que cet été quand j'irais à Bourges, car les anciens registres ne sont pas encore numérisés. 

lundi 25 mai 2015

Contrat de mariage d'Étienne AUDOT et d'Anne LAUBIER

Pays/territoire : Châteauneuf-sur-Cher, France
Jean LAUBIER + Solange LAGELINE
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Anne LAUBIER          François LAUBIER
                                     |
                                    Hélène Louise LAUBIER
                                     |
                                    Juliette Berthe LECAS
                                     |
                                      Ma grand-mère
                                     |
                                     Ma mère
                                    |
                                   Moi

Continuons dans les contrats de mariage, avec celui d'Anne LAUBIER, une tante éloignée, avec Étienne AUDOT passé à Châteauneuf-sur-Cher (Cher) le 10 janvier 1853.

Voici les détails concernant les dots :

(source : Archives départementales du Cher)
"1° Une Terre située aux vigneaux commune de Villecelin
contenant environ cinquante quatre ares Soixante six centiares, 
2° Et une autre Terre située aux ardillers commune de 
St Baudel, contenant trente six ares quarante quatre Centiares"

Le futur époux, fils unique d'un père décédé, apporte en dot deux terres situées à Villecelin et Saint-Baudel.

(source : Carte de Cassini)
Des dots relativement minces (il est journalier, elle est domestique et n'apporte pas de dot), mais ce qui m'a intrigué dans ce contrat de mariage, est l'article 8 du contrat de mariage :


(source : Archives départementales du Cher)
"L'habit de deuil accordé par la loi à la future épouse
en cas de survie (art 1481 du code Napoléon) est dès mainte-
nant fixé à Vingt francs."

Cela signifiait-il qu'il était obligatoire pour la femme de prévoir un habit de deuil ? En tout cas, nos deux époux mettent chacun 10 Fr pour former un fonds social de 20 Fr, probablement prévu pour cet article 8. Allons donc voir ce que raconte l'article 1481 du Code Napoléon. 

Jean Bonaventure Charles PICOT, Code Napoléon expliqué article par article, t. II, Paris, J.-H. Michou, 1868, p. 158
Voici donc une transcription tardive du droit romain dans le Code Napoléon concernant le deuil des femmes au XIXe siècle.