jeudi 19 janvier 2017

L'inventaire d'Anne BERGER en 1784

Julien BOURCIER
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Julien LE BOURCIER
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Marie Madeleine BOURCIER
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Modeste Anne Madeleine BOURCIER
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Victorine Ernestine BOURSIER
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Berthe Louise Stéphanie GRELOT
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Je me suis enfin décidé à analyser et transcrire une multitudes d'actes notariés du XVIIIe siècles pris en photo aux archives départementales de la Sarthe en août 2015. Nous sommes ici dans la Sarthe, dans le petit bourg de Marigné-Laillé où vivaient les ancêtres sarthois du côté de ma mère. Julien BOURCIER s'est marié à trois reprises. Premièrement avec Catherine LE CLERC, notre ancêtre, puis avec Anne FROMAGER et enfin avec Anne BERGER. Lors de ce troisième mariage, les deux époux sont respectivement âgés de 51 et 52 ans. Bien sûr, il est très rare que les professions des femmes soient indiquées à cette époque, mais à la lecture du présent acte, nous comprendrons qu'Anne BERGER était plus ou moins fileuse. Julien BOURCIER étant tailleur d'habits, on peut comprendre comment ils se sont connus, les deux professions étant très liées, le tailleur ayant régulièrement besoin de fil. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)
"Aujourd’huy vingt six juillet
mil Sept Cent quatre vingt quatre apres midy
Devant nous joseph augustin pasteau notaire
Royal au Chateau du loir demeurant a marigné
Soussigné
fut presente anne Berger veuve de deffunt
andré Brard demeurante au bourg dud. marigné
Laquelle nous a declaré quelle Etoit Sur Le point
de Convoller en Second noce avec julien Le bourcier
tailleur d’habit presentement Son fiancé ; Et
auparavant de Ce faire pour Scavoir Ce quelle
porteroit En Communauté, Elle auroit désiré
faire faire inventaire Estimatif de tous Ses
meubles Et Effets a Elle appartenant Ensembles
Ses dettes actives Et passives, en Conseuqence
de quoy elle auroit Requis notre transport a Sa
demeure Chez La ve Bougard ou Elle Se 
Retenoit, En Ce Bourg de marigné. Ce que nous
Luy avons octroyé Et ou Etant, Elle nous a fait
Comparoir du Consentement dud Le bourcier
Son dit fiancé Cy present Et acceptant
La personne de Réné pottier Marchand
demeurant aud. marigné Cy present Et 
acceptant quy a offert d apressier tous Lesd. 
Effets [#Suivant Sa Connoissance], Expert ordinaire, Et Etant majeur
nous avons de luy En tel Cas Requis pris, Et 
Reçu Le Serment de Se Bien et fidelement
Comporter a Lad. Estimation Et appressiation
desd. Effets mobiliers Ce qu’il nous a juré faire
En Son ame Et Consiance dont nous Lavons
jugé Et procedant aud. Inventaire En presence
Et assistance de pierre Berger Marchand.
demeurant au lieu de la Grandiniere au dit
marigné neveux de lad. ve Brard Comme
Suit" 

Afin d'abréger les sommes, je vais écrire Livres Tournois en LT, Sols en S et Deniers en D comme il est d'ailleurs abrégé dans l'acte notarié. Pour se rendre compte des sommes et de la différence énorme existant alors entre la Cour et le peuple en cette période précédant tout juste la Révolution (nous sommes en 1784), voici une petite citation d'un maître de l'hôtel du Roi à l'époque où celui-ci est ramené aux Tuileries à Paris : "il est constant que la dépense de la Bouche dépasse 6 000 livres par jour" (Charles-Éloi VIAL, Les derniers feux de la monarchie : La cour au siècle des révolutions 1789-1870, Paris, Perrin, 2016, p. 46).

André JORDAN,  Chenets et crémaillère, cheminée de Monsieur Gabriel à la Bate, 1908
(source : Images d'art)
  • une crémaillère, son crémellon, une marmite de fonte de peu de valeur et une cuillère de pot (2 LT 4 S)
Coffre au XVIIIe siècle
(source : Expertissim)
  • un coffre de bois de chêne fermant à clef (4 LT) à l'intérieur duquel se trouve : 
    • les hardes et linges à l'usage de la dite veuve Brard
    • une couette la taie de couetty remplie de plume mêlée pesant 35 livres (15 LT)
    • deux traversins les taies de toile remplies de plume d'oie (17 LT)
    • deux draps de chanvre, trois aunes de toile de commun et une couverture de laine blanche au trois quarts usée (10 LT)
    • un tour de lit de tourangelle verte usée (8 LT)
    • un bois de lit de peu de valeur (3 LT)
    • une écuelle à oreille et quatre cuillères le tout d'étain pesant le tout une livre et demie et un chandelier de potin jaune (2 LT)
  • une armoire de bois de chêne à deux battants fermant à clef (4 LT)
  • un rouet à filer garni de sa broche, un travoit et un petit coffre de peu de valeur (3 LT)
  • une chaise (8 S)
  • la somme de 78 livres en espèces
Du point de vue des dettes, BEUVIER, bordager, lui devait 30 sols pour filage de fil et Anne BERGER devait à la veuve BOUGARD qui l'hébergeait la somme de 4 livres 13 sols 4 deniers pour son loyer. Cela nous donne une idée de ce que pouvait posséder une veuve exerçant le métier de fileuse à la fin du XVIIIe siècle : un total fort modeste de 152 livres tournois. 

L'acte est signé par le notaire Joseph Augustin PASTEAU avec Julien BOURCIER et les deux témoins, François LE MERCIER, sacriste et Georges François LE MERCIER, tourneur. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 4 E 105/78)

mardi 17 janvier 2017

Raymond Georges Raphaël Marie Joseph MOREUX mort noyé dans la Seine

Pierre Claude ROBERT + Jeanne Virginie DOUARD
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Marie Victoire dite Louise ROBERT         Victorine dite Victoire ROBERT
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Marie Hortense Adrienne GARDIEN          Virginie MONORY
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Raymond Georges Raphaël Marie Joseph MOREUX       Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
                                               |
                                                 Mon grand-père
                                               |
                                                Ma mère
                                               |
                                               Moi

Tout a commencé avec une tombe que j'ai prise en photo lors de ma visite du cimetière de Châteauneuf-sur-Cher l'an dernier. 

(source : Archives personnelles)
Sur la tombe en pierre très abîmée, j'ai pu, grâce à la photographie, identifier le nom d'un Raymond MOREUX qui serait né en 1891 et décédé en 1898. J'ai rapidement, grâce à Filae, retrouvé sa naissance dans la commune de Jars (Cher). J'ai retrouvé son acte de décès dans la commune de La Mailleraye-sur-Seine (Seine-Maritime). Son père, François Eugène MOREUX, ayant été percepteur, semble avoir beaucoup voyagé dans sa vie. La lecture de son acte de décès s'est avérée originale et montre une fin bien triste pour un petit garçon de six ans. 

(source : Archives départementales de la Seine-Maritime - 4E 06879 - p. 23)
C'est l'instituteur du bourg, Jean Baptiste BAZIN, qui semble avoir retrouvé le corps du petit garçon disparu trente minutes plus tôt sur les berges de la Seine. Était-il alors en classe ou en récréation lorsque l'accident est survenu ? Toujours est-il que ce genre de précisions dans un acte de la fin du XIXe siècle est bien rare alors qu'on se demande souvent pourquoi tel ou tel ancêtre est mort si jeune. Il n'y avait pas que les maladies, les accidents pouvaient aussi être la cause de décès. 

(source : Bacs de la vallée de la Seine)

lundi 16 janvier 2017

Biographie : Louis Victor BRANCHU

Louis Victor BRANCHU
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Madeleine Marie Victorine BRANCHU
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Louis Victor BRANCHU est né le 8 novembre 1870 rue Saint-Charles au Mans (Sarthe). C'est le troisième fils de Victor Auguste BRANCHU et d'Adèle CHOPLAIN. Son père est entrepreneur de serrurerie et vit à côté de son entreprise rue Saint-Charles, près de la place de la République. 

(source : Archives départementales de la Sarthe - 2Fi07939)
Au moment de sa naissance, son frère Georges Victor Marie a 4 ans. Son autre frère aîné nommé Victor Auguste comme son père est mort en bas âge. Lorsqu'il est lui-même âgé de 4 ans, le dernier garçon de la fratrie, Émile Albert, voit le jour. Le train de vie de la famille restera simple, le foyer est constitué des parents, de leurs trois garçons et d'une domestique de vingt ans en 1886. 

En 1890, au moment d'effectuer son service militaire, Louis Victor se fait dispenser. Il est alors élève en pharmacie. Il part en réalité rapidement à Paris où il s'engage dans un doctorat de pharmacie à la Sorbonne qu'il obtiendra. J'ai la chance d'avoir une photographie de lui, alors étudiant en pharmacie et âgé d'une vingtaine d'années. 

Monsieur MEYER (ami de Louis Victor) et Louis Victor BRANCHU vers 1890
(source : Archives personnelles)
Connaissant bien les produits chimiques grâce à ses études, il se passionne par ailleurs de photographie. En effet, les photographies de l'époque nécessitent des produits chimiques pour les développer une à une en les trempant dans des liquides, et il maîtrise bien le procédé. Nous lui devons quelques photographies de Paris au XIXe siècle dont cette belle vue de la Tour Eiffel à l'époque où les gens se déplaçaient encore à cheval. On peut voir en arrière-plan le pavillon de l'électricité qui a été depuis détruit. 

Sous la Tour Eiffel vers 1890
(source : Archives personnelles)
Durant ses études, il tombe alors amoureux de sa domestique, Joséphine Marie BENOIST, qui finit par attendre son enfant. L'affaire fait scandale au moment où son frère aîné devient un industriel très important dans la Sarthe, président de banques, de syndicats et de groupements d'industriels. La serrurerie Branchu est en plein essor et cette aventure est considérée comme une mésalliance. Alors que Joséphine Marie BENOIST est enceinte de sept mois, Louis Victor BRANCHU semble néanmoins convaincu que la bonne chose à faire est de l'épouser.

Joséphine Marie BENOIST et Louis Victor BRANCHU en 1901
(source : Archives personnelles)
Il est alors plus ou moins mis de côté par la famille, son frère lui envoyant notamment une lettre pour l'exclure du caveau familial en cas de décès. Il passe néanmoins un contrat de mariage avec sa future épouse très enceinte le 6 novembre 1901 au Mans (Sarthe) devant maître Louis Joseph BLANCHARD

Louis Victor BRANCHU apporte en dot : 
  • "les habits, linges, effets et bijoux à son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une obligation" de 400 F "de la Ville de Paris"
  • "un quart d'obligation" de 400 F "au porteur de la ville de Paris"
  • "une somme de sept cent francs qu'il possède en deniers comptants"
  • "les droits du futur dans la succession de son Père grèvés de l'usufruit de Mad. Branchu" évalués à 30 000 F
Joséphine Marie BENOIST apport en dot : 
  • "les habits, linges, effets, bijoux a son usage personnel et composant sa garde robe"
  • "une somme et valeur de quatre cent francs qu'elle possède en deniers comptants"
(source : Archives départementales de la Sarthe)
On voit dans les signatures du contrat de mariage que les parents de la future épouse ont une écriture bien plus maladroite, étant d'origine plus modeste. Gustave BENOIST, son père, est mécanicien et Marie Louise FEAU est couturière puis cuisinière. 

Le mariage a lieu deux jours plus tard à Montbizot (Sarthe), commune de résidence des parents de la future épouse. La mère de Louis Victor BRANCHU n'assiste pas au mariage, ni ses frères. Les témoins sont des amis du couple et le beau-frère de Joséphine Marie BENOIST. N'ayant pas eu de ses parents l'argent promis pour ouvrir son fond de commerce de pharmacie du fait de cette mésalliance, Louis Victor BRANCHU décide alors de vivre de sa passion et devient photographe. Il tient son commerce, la "Photographie de la Banque de France" en plein coeur de Paris, Rue Radziwill. 

(source : Archives personnelles)
Le 1er janvier 1902, à l'Hôpital Cochin à Paris, naît sa fille unique : Madeleine Marie Victorine BRANCHU. Ses parents habitent alors au 88 boulevard du Montparnasse, dans le 14e arrondissement de Paris. 

Eugène ATGET, Hôpital Cochin fondé en 1780 - F.b St Jacques 47, 1899-1927
(source : Gallica/BnF)
C'est une enfance parisienne pour mon arrière-grand-mère, la seule que j'ai connu. Elle y apprend le piano qu'elle jouait paraît-il très bien (c'est lorsque nous avons hérité de son piano après son décès que j'ai commencé à en jouer) et Louis Victor BRANCHU devait jouer du violon (car je possède encore un violon qui nous vient de ce côté de la famille) ou de la flûte (nous avions une vieille flûte au grenier de mes grands-parents). La famille BRANCHU compte beaucoup de musiciens (amateurs ou professionnels) comme en attestent les actes notariés qui parlent souvent dans cette branche de partitions de musique ou de pianos. En mai 1913, Madeleine Marie Victorine BRANCHU fait sa communion à Paris.

Louis Victor BRANCHU (tout à gauche au fond) et Madeleine Marie Victorine BRANCHU (à gauche au premier plan) à Paris en 1913
(source : Archives personnelles)
Je ne connais pas la date précise de retour au Mans (Sarthe) de la famille, mais dans les recensements de 1926, ils apparaissent dans cette ville où ils habitent au 23 rue d'Hauteville. En 1924, Madeleine Marie Victorine BRANCHU épouse Maurice André LUTZ, un inspecteur d'assurances originaire de Javron (Mayenne). Le mariage se passe très mal et ils divorcent deux ans plus tard, en 1926. En 1928, elle épouse Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, un prothésiste dentaire, mon arrière-grand-père. 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU et Pierre Joseph Émile Ernest PERLY en 1928
(source : Archives personnelles)
Louis Victor BRANCHU s'éteint le 24 juin 1931 dans sa maison au 23 rue d'Hauteville au Mans (Sarthe) âgé de 60 ans. Le faire-part de décès laisse penser qu'il s'était réconcilié avec les familles de ses frères. Il est inhumé au cimetière Saint-Pavin du Mans (Sarthe). 

L'Ouest Éclair, n° 12649, 25 juin 1931, p. 4

Louis Victor BRANCHU vers 1920
(source : Archives personnelles)

vendredi 13 janvier 2017

Biographie : Eugénie Camille PÉROLAT

Eugénie Camille PÉROLAT
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

Charles LANSIAUX, Ternes - Point n°201 - vers Paris, 13 novembre 1919
(source : Archives de Paris - VO4 70/202)
Eugénie Camille PÉROLAT est née le 14 janvier 1871 des mains du docteur Paul Rémy LEDRESSEUR, docteur en médecine. Elle voit le jour dans l'appartement de ses père et mère du 72 avenue des Ternes dans le 17e arrondissement, en plein milieu du fameux siège de Paris. Le 18 janvier de cette même année, Victor HUGO note "J’émiette aux poules notre pain noir. Elles n’en veulent pas." (Victor HUGO, Choses vues 1849-1885, Paris, Gallimard, 1997, p. 605). Ce pain noir dont il vaut mieux ignorer la composition est fabriqué par les boulangers parisiens dont fait partie François Eugène PÉROLAT, le père d'Eugénie Camille qui vient de naître. Il vit en concubinage, sans être marié, avec Alphonsine Florestine SOUCHAY, couturière, et qui est la mère de l'enfant. Il est pourtant indiqué dans l'acte de naissance que c'est un "enfant légitime" et les deux parents sont nommés. L'officier de l'état-civil avait probablement d'autres chats à fouetter en pleine commune. Quelques semaines après la naissance d'Eugénie Camille, les Prussiens font leur entrée dans Paris. 

***, ...Triumphal entry into Paris., by the German army, ca. 1871
(source : Library of Congress, domaine public)
Les parents d'Eugénie Camille PÉROLAT vont néanmoins légitimer leur union deux ans plus tard, probablement le temps que les choses s'apaisent dans la commune de Paris. Ils se marient à la mairie du 2e arrondissement et on sent encore l'ambiance militaire qui règne dans la ville (deux gardes républicains et un sous-lieutenant sont témoins du mariage). Ils en profitent pour reconnaître officiellement leur fille. Ils vont vivre à Paris jusqu'à ce qu'Eugénie Camille atteigne l'âge de 7-8 ans. Elle a alors deux soeurs : Alphonsine et Marguerite Rosalie

Ils décident alors de revenir à Romorantin (Loir-et-Cher). En effet, la mère d'Eugénie Camille PÉROLAT est issue d'une famille d'industriels romorantinais : son père Toussaint Silvain SOUCHAY est fabricant de draps, ainsi que l'un de ses frères, un autre frère est fabricant de machines à coudre. Des entreprises qui ont mené toute la fratrie à vivre à Paris et certains à voyager en Égypte et en Angleterre. Sa mère, Madeleine Rosalie GAVEAU, est cousine avec l'inventeur des pianos du même nom également originaire de Romorantin (Loir-et-Cher). 

(source : Heredis 2017)
Les parents d'Eugénie Camille PÉROLAT tiennent alors une boulangerie rue de Beauvais à Romorantin (Loir-et-Cher) qui emploiera jusqu'à trois ouvriers boulangers. On peut donc imaginer que les affaires furent prospères. C'est aussi à cette époque que naissent ses autres frères et soeurs : 
  • Victorine Adrienne dite Jeanne en 1882
  • Eugène Alphonse Désiré en 1883
  • Françoise Marie Antoinette en 1888
  • Aimée Agathe Léa Sabine en 1890
  • Benjamin Pascal Anatole Eugène en 1892
En 1890, enceinte de trois mois d'un ouvrier boulanger nommé Joseph PERLY (peut-être employé par son père ?), elle l'épouse le 19 avril de cette même année. Ils seront les parents de quatre enfants, le premier né à Romorantin (Loir-et-Cher) et les autres à Tours (Indre-et-Loire) où ils déménagent. 
  • Madeleine Eugénie en 1890
  • Marguerite Alphonsine Henriette en 1893
  • Henri Antoine Benjamin en 1899
  • Pierre Joseph Émile Ernest en 1905
La plupart des frères et soeurs et des enfants d'Eugénie Camille PÉROLAT retourneront vivre à Paris où la famille finit par être bien implantée. Vers 1906, tandis qu'elle demeure à Tours (Indre-et-Loire) avec sa famille, elle va exercer la profession de nourrice et déclare deux enfants vivant à son domicile lors du recensement de cette même année : Marcel ENJALBERT et Lucienne VILANE. Sa belle-mère Agathe Adélaïde PINON vit également à leur domicile alors que son époux est toujours vivant et demeure toujours à Romorantin (Loir-et-Cher).

Je n'ai qu'une seule photographie d'elle en 1928 (elle a alors 57 ans) lors du mariage de son fils cadet avec Marie Madeleine Victorine BRANCHU. C'est une femme forte, à la peau mate et coiffée en chignon, qui ressemble beaucoup à ma grand-mère (qui est sa petite-fille). 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT rue du Cluzel à Tours en 1928
(source : Archives personnelles)
L'année d'après, elle traversera la mort de son mari. Après avoir vu le jour sous le siège de Paris et l'occupation par les Prussiens, elle s'éteint le 10 novembre 1943 à Tours (Indre-et-Loire) en pleine occupation de la France par l'Allemagne nazie. Elle est alors âgée de 72 ans et aura traversé bien des épisodes de l'Histoire de France. 

Biographie : Joseph PERLY

Joseph PERLY
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Pierre Joseph Émile Ernest PERLY
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Ma grand-mère
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Mon père
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Moi

(source : remonterletemps.ign.fr)
Joseph PERLY voit le jour le 17 mai 1863 aux Étangs dans la commune de Lanthenay (Loir-et-Cher) située dans la banlieue nord de Romorantin. C'est le fils aîné de Louis Benjamin PERLY, vigneron, et d'Agathe Adélaïde PINON, vigneronne. La famille va demeurer aux Étangs jusqu'à ses 5 ans environ. C'est là que naîtront ses frères Armand en 1865 et Ernest en 1868. 

Lorsqu'il a 8 ans, il est placé dans la maison de ses grands-parents, Benjamin PERLY et Étiennette THEILLAY aux Arches à Lanthenay. Il y vit avec son oncle Alexis PERLY et Silvine FRAUDET, leur domestique, qui finira par épouser Alexis PERLY. Pour quelle raison a-t-il été mis chez ses grand-parents alors que ses parents vivaient avec leurs deux autres fils et leur fille Ernestine née en 1873 ? J'ai remarqué une légère fréquence dans ces régions du centre de la France à placer les aînés chez les grands-parents. Peut-être servait-il d'aide à la vigne, mais ses grands-parents avaient toujours leur fils cadet Alexis qui vivait avec eux ...

(source : Heredis 2017)

Toujours est-il qu'à ses douze ans, il vit toujours chez ses grands-parents avec son oncle et sa tante Alexis PERLY et Silvine FRAUDET qui, n'ayant pas eu d'enfants, l'élèveront peut-être comme s'il était leur enfant. Joseph PERLY n'a donc pas grandi avec ses véritables parents et frères et soeur.

En 1881, alors âgé de 17 ans, il retourne vivre chez ses parents, avec ses frères et soeur à la Malicorne, lieu-dit situé juste sous Les Étangs, toujours à Lanthenay (Loir-et-Cher). Son livret militaire, établi deux ans plus tard, ne nous apprend pas grand chose, si ce n'est que Joseph PERLY n'est pas très grand (1m61) et qu'il est blond aux yeux gris. 

Joseph PERLY
(source : Archives personnelles)
Voici une des rares photographies que je possède où on peut le voir, probablement vers la cinquantaine, poser chez un photographe. Il avait les cheveux courts et une grande moustache, il est de petite taille, mais assez fin. 

Lorsqu'il envisage de se marier, en 1890, c'est la fille d'un boulanger de Romorantin (Loir-et-Cher) qui rencontre ses faveurs : Eugénie Camille PÉROLAT. C'est chez les parents de la future épouse qu'est passé le contrat de mariage la veille du mariage, le 18 avril 1890 devant maître Georges Gustave Clovis GABILLON

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Alors qu'il était précédemment journalier ou vigneron, il est dit ouvrier boulanger dans son contrat de mariage. Il est fort probable qu'il avait été recruté comme mitron à la boulangerie des PÉROLAT et que c'est là qu'il a rencontré la fille du boulanger dont il est tombé amoureux. Les PÉROLAT tenaient une boulangerie située rue de Beauvais à Romorantin (Loir-et-Cher), peut-être cette boutique où il est écrit "Pâtisserie" sur cette photographie. Dans tous les cas, il a déjà consommé ce mariage car Eugénie Camille PÉROLAT est enceinte de trois mois au moment de passer le contrat de mariage, ce qui peut avoir précipité l'engagement. 

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 6 Fi 194/168)
Joseph PERLY apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes bijoux et objets à son usage personnelle et composant sa garde robe" :
  • "un livret de la Caisse d'Epargne de Romorantin" pourvu de 415, 25 francs
  • une somme de 151,90 francs "a lui due par les époux Ernest Pineau et dame Irène Lemoine sa femme"
Eugénie Camille PÉROLAT apporte en dot, outre ses "habits, linges, hardes, bijoux, joyeux et objets à son usage personnel composant sa garde robe"
  • "un lit complet et garni, une commode, une table en guéridon et quatre chaises, le tout en noyer et huit draps" estimés à 1 000 francs
Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 3 E 22 1694)
Le mariage a lieu le lendemain. La mariée étant déjà enceinte, six mois plus tard naît à Romorantin (Loir-et-Cher) sa fille aînée Madeleine Eugénie PERLY

En 1893, le couple a décidé de déménager à Tours (Indre-et-Loire) où naît leur deuxième fille, Marguerite Alphonsine Henriette. En 1899 naît Henri Antoine Benjamin et en 1905 mon ancêtre Pierre Joseph Émile Ernest. Je ne connais pas vraiment les destins de ses trois premiers enfants, si ce n'est que ses deux filles étaient couturière et que son fils aîné fut fourreur à Paris. 

Je peux continuer la suite de l'histoire de cette famille grâce aux photographies que nous possédons. Les PERLY sont catholiques (bien que j'aie trouvé une branche collatérale protestante, le protestantisme semblant assez bien implanté à Romorantin) car Pierre Joseph Émile Ernest PERLY fait sa communion vers 1917. 

Communion de Pierre Joseph Émile Ernest PERLY vers 1917
(source : Archives personnelles)

En 1921, Pierre est placé en apprentissage de prothésiste dentaire à Tours. Il est étonnant de voir qu'aucun de ses deux fils n'a souhaité effectuer la même profession. Je pense que, contrairement aux PÉROLAT qui tenaient leur propre boulangerie à Romorantin (Loir-et-Cher), en déménageant à Tours (Indre-et-Loire), Joseph PERLY ne travaille plus que comme porteur de pain au service d'une boulangerie qui n'est pas la sienne. Il a donc dû orienter ses fils vers d'autres métiers. C'est ainsi que ses deux fils seront l'un fourreur et l'autre prothésiste dentaire. 

Pierre Joseph Émile Ernest PERLY (à droite) vers 1921
(source : Archives personnelles)
En 1928, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, son fils cadet fait la rencontre de Madeleine Marie Victorine BRANCHU, divorcée de Maurice André LUTZ après un très éphémère mariage de deux ans. Elle est la fille d'un photographe et pharmacien. Ils se réunissent tous à Tours (Indre-et-Loire) cette année là dans la maison de la famille PERLY, rue du Cluzel, soit pour les fiançailles, soit après le mariage qui a lieu au Mans (Sarthe). 

Madeleine Marie Victorine BRANCHU, Pierre Joseph Émile Ernest PERLY, Joséphine Marie BENOIST, Louis Victor BRANCHU, Joseph PERLY, Henri Antoine Benjamin PERLY, Eugénie Camille PÉROLAT rue du Cluzel à Tours en 1928
(source : Archives personnelles)
Joseph PERLY aura peut-être été informé de la naissance de ma grand-mère en mai 1929 au Mans (Sarthe) et peut-être aura-t-il rencontré sa première petite-fille. Il décède quelques mois plus tard, le 14 décembre 1929, à Tours (Indre-et-Loire) âgé de 66 ans.

mardi 10 janvier 2017

Biographie : Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX

Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

(source : Delcampe.fr)
Françoise SAINT-YRIEIX naît le 26 juin 1876 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), dans l'hôtel ou auberge que tiennent ses parents, avenue de Saint-Yrieix. Ses deux frères aînés survivants sont Henri, âgé de 5 ans, et Jean Bernard âgé de 2 ans. Antoinette, née avant elle, et Zélia, née après elle, n'auront toutes deux pas la chance d'arriver jusqu'à l'âge de un an. Très tôt dans les recensements, la petite Françoise est surnommée Lucie par sa famille. Ses parents préféraient-ils ce nom à celui de Françoise ?

Lorsqu'elle a deux ans, ses parents déménagent place de la Halle à Jumilhac-le-Grand, et sa mère donne le jour à François qu'on appelle Léon en famille. Parlons justement de ses parents : son père, Louis SAINT-YRIEIX était domestique, prisonnier en Prusse pendant la guerre de 1870 et devint ensuite aubergiste à son retour ; sa mère Catherine MAZAUE (qu'on appelait Marie ou Marguerite) tenait l'hôtel avec lui. 

Françoise a 5 ans quand naît sa soeur Marie, dite Henriette, 7 ans quand naît sa soeur Marguerite et 11 ans quand naît sa soeur Maria. Voici l'état de sa famille lors du recensement de 1891 (elle a alors 14 ans et est surnommée Lucie).

(source : Archives départementales de la Dordogne - FRAD024_6MI146_0153 - p. 161)
Elle passe un contrat de mariage le 5 mars 1894 dans la maison de ses parents avec Élie dit Édouard SUIVRE, cordonnier, qu'elle s'apprête à épouser. La dot offerte par sa famille est fort modeste : "les draps de lit neuf" pour 60 F, "deux douzaines de serviettes" pour 26 F, "une couverture en laine" pour 20 F et "une somme de mille francs"

Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX et Élie dit Édouard SUIVRE vers 1920
(source : Archives personnelles)
Elle donne alors naissance à trois filles : Marie Jeanne à 18 ans, Suzanne Alice à 20 ans et Yvonne Marguerite Marie à 24 ans. Son père la quitte en 1904 alors qu'elle n'a que 27 ans. Le prochain décès qu'elle verra sera celui de sa fille Marie Jeanne, morte de la grippe espagnole en 1918. 

Ces événements tragiques seront suivis de l'heureuse nouvelle du mariage de sa fille Yvonne Marguerite Marie en 1925 avec Baptiste DESVEAUX, un employé des chemins de fer originaire de la Charente. Françoise est alors âgée de 49 ans. Elle mourra cinq ans plus tard à Jumilhac-le-Grand, le 14 août 1930, âgée de 54 ans. 

Élie dit Édouard SUIVRE, Françoise dite Lucie SAINT-YRIEIX et leurs trois filles vers 1914
(source : Archives personnelles)

samedi 7 janvier 2017

Biographie : Élie dit Édouard SUIVRE

Élie dit Édouard SUIVRE
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Yvonne Marguerite Marie SUIVRE
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Mon grand-père
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Mon père
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Moi

Élie SUIVRE naît le 21 février 1864 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), dans le faubourg de la Croix-Bancaux, probablement dans cette maison ancienne qui appartenait encore à la famille dans les années 1950 et où il a vécu toute sa vie. 

(source : Archives personnelles)
Il est le sixième enfant de Jean SUIVRE, maître cordonnier et marchand et d'Isabeau dite Élisabeth REBEYROL, marchande. Ses frères et soeurs aînés sont : 
  • Marie, décédée à 3 ans
  • Élie, âgée de 12 ans (prénommé comme lui, ce qui explique que notre Élie, arrivé deuxième, ait été appelé Édouard toute sa vie)
  • Marie, âgée de 9 ans
  • Marguerite, âgée de 6 ans
  • André, âgé de 3 ans et sourd muet de naissance
Son père a un ouvrier cordonnier âgé de 15 ans vivant à leur domicile, Joseph SAUZAT. Cinq ans après la naissance d'Élie naîtra un dernier enfant dans le foyer, une autre Marguerite, que l'on surnommera Suzanne. La tradition du surnom est tenace chez mes ancêtres de Dordogne. Dans ce cas précis, on voit bien que dans une famille qui a compté deux Marie, deux Élie et deux Marguerite, elle est indispensable pour séparer les enfants. Reste à savoir pourquoi on donnait le même prénom à plusieurs enfants à l'époque. Jusqu'à ses 4 ans, sa grand-mère paternelle, Marie POULINAS, veuve et infirme, vivra chez eux avant de décéder. Quels souvenirs a pu garder Élie de cette femme née en 1800 ?

(source : Heredis 2017)
En 1875, alors qu'il est âgé de 11 ans, son frère aîné Élie, cordonnier comme leur père, épouse Marie CHARCHOULIS, la fille d'un cercleur originaire de Vaunac (Dordogne). Le jeune couple vivra un temps avec eux avant de prendre leur indépendance. L'année précédente, sa soeur Marie alors âgée de 18 ans et servante chez la veuve CHABANNEAU accouche d'une petite fille qu'elle nomme Marie Élisabeth. L'enfant sera placé en nourrice à Sarrazac (Dordogne) chez Pierre LAGORCE et meurt à seulement 22 mois. 

En 1884, comme tous les jeunes gens de son époque, il est convoqué pour le service militaire. Les habitants de Jumilhac-le-Grand (Dordogne) partent faire leur recrutement militaire à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Le livret de matricule permet d'avoir une description physique de nos ancêtres masculins.

(source : Archives départementales de la Corrèze - R 1136 - p. 312)
Il est immédiatement dispensé de service militaire comme "soutien de famille". Il n'effectuera que deux périodes d'exercices en 1891 et 1895 dans la 12e section d'infirmier de Limoges (Haute-Vienne). 

Dix ans plus tard, le 5 mars 1894, il se rend au domicile de M. et Mme SAINT-YRIEIX pour dresser le contrat de mariage avec leur fille Françoise SAINT-YRIEIX qu'il a demandé en mariage. Les parents de sa future épouse tiennent un hôtel à Jumilhac-le-Grand (Dordogne). 

Signatures du contrat de mariage
(source : Archives départementales de la Dordogne)
Élie SUIVRE apporte en dot : 
  • la maison des Croix-Bancaux (en photo plus haut) composée d'une cuisine et d'une chambre au rez-de-chaussée et de deux chambres au premier étage, ainsi que d'un jardin de l'autre côté de la rue pour une valeur totale de 2 000 F. 
  • "un fonds mobiliers comprenant les meubles, meubles-meublans, ustensiles de literie" d'une valeur de 1 000 F
  • "un fonds de boutique de cordonnier, ensemble le matériel & les ustensiles de profession" d'une valeur de 2 000 F
  • "une somme de deux mille francs qu'il a en espèces devers lui [...] lui provenant de ses gains & economies"
Françoise SAINT-YRIEIX apporte une dot modeste : 
  • "les draps de lit neuf" pour 60 F
  • "deux douzaines de serviettes" pour 26 F
  • "une couverture en laine" pour 20 F
  • "une somme de mille francs"
(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI12714_012 - p. 10)
Il est amusant de voir que le prénom de substitution d'Élie est même inscrit dans son acte de mariage : "appelé Edouard en famille". J'ai quelques photos de ce couple, dont une prise vers 1929 et très abimée, mais que je trouve néanmoins très belle. 

Françoise SAINT-YRIEIX et Élie dit Édouard SUIVRE vers 1929
(source : Archives personnelles)
Élie exerce donc la profession de maître bottier, à la suite de son père, de son arrière-grand-père, et de son arrière-arrière-grand-père. Les SUIVRE semblent avoir travaillé le cuir de toute éternité. Leur patronyme vient d'ailleurs de "suire", dérivé de "suor" qui veut dire : "travailleur du cuir". 

Ils auront trois filles : 
  • Marie Jeanne en 1895
  • Suzanne Alice en 1897
  • Yvonne Marguerite Marie (mon ancêtre) en 1900
La famille Suivre vers 1914
(source : Archives personnelles)
Élie semblait être un homme très sévère sur les photos. Mon grand-père m'a confirmé ce caractère très dur qu'il avait avec ses trois filles. Les trois filles SUIVRE ont un type très espagnol, très mates de peau avec des yeux noirs qui leur vient de leur père semble-t-il. 

Marie Jeanne SUIVRE vers 1915
(source : Archives personnelles)
L'aînée, Marie Jeanne, était institutrice. Je la trouve magnifique sur cette photo. Elle meurt très jeune, en 1918, âgée de seulement 23 ans, victime de la grippe espagnole qui aura fait tant de ravages en France au sortir de la Première Guerre mondiale. 

Marguerite dite Suzanne SUIVRE, l'âne Mimi, et Suzanne Alice SUIVRE (nièce de la première)
(source : Archives personnelles)
La deuxième fille, Suzanne Alice, a vécu bien plus longtemps, mais ne s'est jamais mariée. Elle est ici en photo avec sa tante Marguerite que l'on nommait Suzanne et je me demande si elle ne serait pas sa marraine ou si cela n'expliquerait pas ce prénom peu répandu dans la famille.

Yvonne Marguerite Marie SUIVRE vers 1918
(source : Archives personnelles)
Enfin, mon arrière-grand-mère, Yvonne Marguerite Marie, qui ressemble vraiment à une espagnole sur cette photo. Élie gardera des liens étroits avec sa seule descendance issue de sa dernière fille. C'est en effet lui qui déclarera la naissance de son petit-fils (mon grand-père), né à Étaules en Charente-Maritime.

Acte de naissance de mon grand-père
(source : Archives municipales d'Étaules)
Il sera également présent en 1950, un an avant son décès, au mariage de mes grands-parents au Mans (Sarthe) comme en atteste cette photo où il se tient à côté de sa fille Yvonne

Élie dit Édouard SUIVRE et Yvonne Marguerite Marie SUIVRE en 1950
(source : Archives personnelles)
Sa femme l'avait quitté 21 ans avant lui, en 1930. Le mois d'après, il recevait la mention honorable de la Médaille d'honneur de la Mutualité (Journal officiel de la République française, n°209, 5 septembre 1930, p. 10 249) en qualité d'ancien secrétaire de la société de secours mutuels Saint-Aubin. Élie s'éteint le 13 septembre 1951 à Jumilhac-le-Grand (Dordogne), à l'âge honorable de 87 ans.