vendredi 29 mai 2015

1759, le plus vieil acte des FREMEAU

Pays/territoire : Villecelin, France
André FREMEAU + Marie RONFET / ROMPHÉE
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Laurent FREMEAU
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Claude FROMEAU
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Marc FROMEAU
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Jean FRÉMEAU
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Pierre FRÉMEAU
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Pierre Marie Joseph FRÉMEAU
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Mon grand-père
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Ma mère
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Moi

Tout a commencé cet après-midi avec un tweet de Benoît PETIT, qui était aux archives départementales du Cher et qui a trouvé cet acte de mariage entre Philippe FREMEAUX et Marie BARACHET à Saint-Symphorien (Cher). Mon nom de famille étant relativement rare, il l'a pris en photo et me l'a transmis. 

(source : Archives départementales du Cher)
"Lan mil Sept cent quarante quatre le vint huitieme janvier
apres la publication de trois bans de mariage faitte tant dans cette
Eglise que dans celles de St Baudelle et de venesmes dentre philippe
fremeaux fils de defunct andre fremeaux manoeuvre et de marie
Ronfet ses pere et mere à cette parroisse Le dit fremeaux agé denviron
vingt ans et authorisé par Sa mere. avec marie Barachet agee denviron
vint quatre ans fille de jean barachet et magdeleinne Begassat ses pere
et mere parroisse de venesmes veü Les Congés des Srs cures de venesmes
et St Baudelle en datte du vint Six et vint huit du courant signé
le dion curé de St Baudelle et amrcelle cure de venesmes Sans opposition
Les fiancailles celebrés jay Curé Soubsigne reçu Les Sus dittes parties a la 
benediction nuptiale apres quils Se Sont donnés Leurs mutuels consentements
de mariage en presence de jean bordry magdeleinne begassat francois
dulac jean aubrun et plusieurs autres qui ont dit ne Scavoir Signer
de ce Enquis"

Le couple André FREMEAUX et Marie RONFET serait donc originaire de Saint-Baudel (Cher), du moins au moment du mariage de leur fils en 1744. Mais cet acte de mariage ne concerne que le frère de mon ancêtre Laurent FREMEAU. C'est alors que Benoît PETIT m'a signalé que les archives de Villecelin étaient enfin disponibles sur Geneanet (alors que je surveillais régulièrement leur apparition, je n'avais pas encore vu ce registre). C'est ainsi que j'ai trouvé l'acte de mariage de mes ancêtres, le plus ancien que je possède concernant cette famille. 



"L'an mil sept cent cinquante huit le vingt-
-troisiême jour du mois de Janvier apres La publication
des trois bancs faitte en cette Eglise au prône de nos 
messes paroissiales par trois dimanches consecutifs sçavoir
les sept, quatorze, et vingt un du present mois, entre
Laurent fremeau fils majeur de droit et de coutume
de deffunct andré fremeau journalier, et de deffuncte
marie Romphée agé de vingt huit ans ; et Marie
barachet fille de Claude barachet Laboureur, et de 
Jeanne Richard agée de seize ans, tous de cette
paroisse sans qu'il nous ait apparu aucun empechem-
-ent ou opposition civile ou canonique ; et aprés les
fiançailles Celebrées en cette Eglise le vingt un du 
présent mois ; les susdittes parties etant munies des sacre-
ments de penitence et d'heucharistie ; je prestre curé
soussigné ai reçu en cette Eglise le mutuel consentement
des susdittes parties, et leur ai donné La benediction nup-
tiale avec les Ceremonies prescrittes par La Ste Eglise
en presence de Philippe fremeau frere de L'Epoux, 
de pierre fremeau cousin germain ; et de Claude
barachet pere de L'Epouse qui L'a deûment authorisée
et de Philippe pitaut tous de cette paroisse, qui 
ont declaré ne sçavoir signer de ce interpellés./."

La jeune épouse de 16 ans, Marie BARACHET, est l'homonyme de la belle-soeur de Laurent FREMEAU, bien que n'étant pas de la même famille. Ne reste plus qu'à trouver le lieu et la date de mariage d'André FREMEAU et Marie RONFET pour pouvoir continuer à explorer l'ascendance de notre famille. Mais cela ne pourra ce faire que cet été quand j'irais à Bourges, car les anciens registres ne sont pas encore numérisés. 

lundi 25 mai 2015

Contrat de mariage d'Étienne AUDOT et d'Anne LAUBIER

Pays/territoire : Châteauneuf-sur-Cher, France
Jean LAUBIER + Solange LAGELINE
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Anne LAUBIER          François LAUBIER
                                     |
                                    Hélène Louise LAUBIER
                                     |
                                    Juliette Berthe LECAS
                                     |
                                      Ma grand-mère
                                     |
                                     Ma mère
                                    |
                                   Moi

Continuons dans les contrats de mariage, avec celui d'Anne LAUBIER, une tante éloignée, avec Étienne AUDOT passé à Châteauneuf-sur-Cher (Cher) le 10 janvier 1853.

Voici les détails concernant les dots :

(source : Archives départementales du Cher)
"1° Une Terre située aux vigneaux commune de Villecelin
contenant environ cinquante quatre ares Soixante six centiares, 
2° Et une autre Terre située aux ardillers commune de 
St Baudel, contenant trente six ares quarante quatre Centiares"

Le futur époux, fils unique d'un père décédé, apporte en dot deux terres situées à Villecelin et Saint-Baudel.

(source : Carte de Cassini)
Des dots relativement minces (il est journalier, elle est domestique et n'apporte pas de dot), mais ce qui m'a intrigué dans ce contrat de mariage, est l'article 8 du contrat de mariage :


(source : Archives départementales du Cher)
"L'habit de deuil accordé par la loi à la future épouse
en cas de survie (art 1481 du code Napoléon) est dès mainte-
nant fixé à Vingt francs."

Cela signifiait-il qu'il était obligatoire pour la femme de prévoir un habit de deuil ? En tout cas, nos deux époux mettent chacun 10 Fr pour former un fonds social de 20 Fr, probablement prévu pour cet article 8. Allons donc voir ce que raconte l'article 1481 du Code Napoléon. 

Jean Bonaventure Charles PICOT, Code Napoléon expliqué article par article, t. II, Paris, J.-H. Michou, 1868, p. 158
Voici donc une transcription tardive du droit romain dans le Code Napoléon concernant le deuil des femmes au XIXe siècle. 


vendredi 22 mai 2015

Contrat de mariage de Louis Nicolas JOURDAIN et Marie Jeanne GUENET

Pays/territoire : Paris, France
Louis Nicolas JOURDAIN + Marie Jeanne GUENET
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Victoire Louise Élisabeth JOURDAIN
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Pierre Eugène VALDENAIRE
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Henriette Victoire Pauline VALDENAIRE
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Robert Eugène Henri MESLAY
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Ma grand-mère

J'ai aujourd'hui pu consulter le contrat de mariage de Louis Nicolas JOURDAIN, propriétaire et marchand de vins à Paris avec Marie Jeanne GUENET conservé aux archives nationales sous la côte MC/ET/VI/905. Tout a commencé par une fausse déception. 

(source : Archives nationales - MC/ET/VI/905)
En effet, les parents du citoyen JOURDAIN n'étaient pas notés à ses côtés et il comparaissait "Stipulant et contractant pour lui et en son nom". C'était sans compter sur le petit renvoi (la petite croix avant le mot "stipulant") qui m'a emmené en bas de la page où était indiquée la précieuse information. 

(source : Archives nationales - MC/ET/VI/905)
"fils majeur de défunt C[itoye]n Louis Jourdain dem[euran]t a St fussein près d'Amiens
département de la Somme et de la Ci[toye]nne Louise LeCocq Son Epouse a present Sa veuve"

C'est toujours un bonheur que de voir un parisien sortir de Paris dans son ascendance, cela veut dire qu'il sera possible de continuer à remonter. 

La mariée est représentée par ses parents le citoyen Pierre GUENET, marchand de vins et la citoyenne Marie Françoise JANSSÉ demeurant à Paris rue des Nonandières au coin de celle des Prêtres n°13, division de l'Arsenal. 

En ce 14 brumaire an VIII, les témoins de cet acte sont : 
  • Jean Victor PHENTY, citoyen français, ami de l'époux
  • le citoyen Pierre Jean Baptiste CHAGOT, marchand de vin, ami de l'épouse
  • Nicolas BOIZART, fabricant de dentelles, cousin de l'épouse
  • Jean François GOYER, fabricant de dentelles, ami de l'épouse
  • sieur Auguste Maximilien GUENET, mineur, cousin germain de l'épouse
  • sieur Jacques François DESCHAMPS, pharmacien, cousin issu de germain de l'épouse
  • sieur Jean François DESCHAMPS, cousin issu de germain de l'épouse
  • sieur GERARDIN, marchand de vin, ami de l'épouse
  • sieur THOUVENIN, marchand de vin, ami de l'épouse
(source : Archives nationales - MC/ET/VI/905)
Pour le contenu de ce contrat, il a déjà été détaillé dans mon précédent article. Mais j'ai appris de nombreuses relations familiales de Marie Jeanne GUENET. Le lieu de naissance (Saint-Fuscien dans la Somme) de Louis Nicolas JOURDAIN ainsi que le nom de ses parents. J'ai également la signature de tous ces personnages ce qui est toujours très touchant à voir je trouve car on peut déceler une partie de la personnalité et du niveau intellectuel dans la façon d'écrire. 

(source : Heredis 2014)

jeudi 21 mai 2015

Reconstituer les familles parisiennes JOURDAIN et GUENET

Pays/territoire : Paris, France
Pierre GUENET + Marie Françoise JANSSÉ
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Marie Jeanne GUENET
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Victoire Louise Élisabeth JOURDAIN
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Pierre Eugène VALDENAIRE
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Henriette Victoire Pauline VALDENAIRE
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Robert Eugène Henri MESLAY
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Ma grand-mère

Je m'amuse totalement à reconstituer la partie parisienne de ma généalogie. J'étais hier aux archives de Paris et, grâce à l'état civil reconstitué (les archives de Paris ayant pris feu au XIXe siècle et étant donc paradoxalement les moins complètes de France) j'ai pu remonter jusqu'au couple Louis Nicolas JOURDAIN et Marie Jeanne GUENET

(source : Heredis 2014)
Il se sont mariés le 20 brumaire an VIII à Paris dans le 8e arrondissement, mais l'acte de mariage n'existe pas dans l'état civil reconstitué. Grâce à l'acte de décès de Marie Jeanne GUENET, j'ai pu retrouver son acte de baptême à Paris en 1780 (mon acte de le plus ancien dans cette ville).

(source : Archives de Paris - 5 Mi 1/57)
Je ne trouve pas l'acte de décès de Louis Nicolas JOURDAIN, pas plus que son acte de baptême. Je ne trouve non plus pas d'acte de mariage des parents de Marie Jeanne GUENET. A priori, je suis donc arrivé au bout de ce que je pouvais trouver sur cette famille. Mais en tapant leur nom sur Google, je suis tombé sur deux actes notariés conservés à Paris aux Archives Nationales : les inventaires d'après décès de Marie Françoise JANSSÉ et de Marie Jeanne GUENET. Voyons si ces deux actes (et les autres trouvés en chemin) m'aideront à reconstituer la suite de l'ascendance de cette famille.

(source : Site internet des Archives Nationales)
Inventaire après décès de Marie Françoise JANSSÉ

Jean Pierre Désiré JOURDAIN et Victoire Louise Élisabeth JOURDAIN (sous la tutelle de Jean LAFOSSE, sellier) et Jean François Louis JOURDAIN, majeur, sont héritiers de leur grand-mère (leur mère et leur grand-père étant décédés) pour un tiers chacun, ce qui me fait penser que Marie Françoise JANSSÉ n'a alors pas d'autres petits-enfants vivants. 

Marie Françoise JANSSÉ est décédée le 8 mai 1822, l'inventaire après décès à lieu le 14 mai 1822. 

(source : Archives nationales - MC/ET/LXV/672 - n° 25)
La prisée des meubles effets et autres objets y sujets sera faite a Juste
valeur eu egard au cour du tems par mr Jean baptiste Benouconorin
priseur au departement de la seine demeurant à paris grande rue Larann
n°11, choisi a cet effet et par Mr Jourdain fils majeur et par Le subrog[e]
tuteur desd. mineurs et agrée par mr Jourdain pere. 
Auxquelles operations d’inventaire et deprisée il va etre procedé ainsi
qu’il suit :

Cet inventaire nous apprend ce que possède une veuve de marchand de vin ayant vécu à Paris avant et après la Révolution : 

  • 1 pelle, 1 pincette, 1 soufflet, 4 chandeliers de cuivre argenté (5 Fr)
  • 1 bergère ancienne couverte de velours, 1 fauteuil fourré de paille au dossier de velours jaune, 6 chaises foncées de paille, 1 chaise percée couverte en causse garnie (12 Fr)
  • 1 pendule forme ancienne cadran de cuivre, 1 baromètre, 1 tableau d'histoire, 5 petites estampes en soie verre dans leur cadre de bois noirci (50 Fr)
  • 1 secrétaire plaqué en acajou, 1 petit chiffonnier de bois noirci composé de 8 tiroirs , 1 commode en placage forme ancienne de bois de noyer à deux battants fermant à clé et à bascule, 1 table ronde en bois de noyer, 1 vieille table de nuit en bois de noyer à pendule huche garnie (66 Fr)
  • 1 lit composé d'une couchette à deux dossiers fond sanglé roulettes à équerre, 2 matelas de petite laine couverts de toile à carreaux, 1 lit, 1 traversin, 1 oreiller de coutil, 1 oreiller de plume couvert en toile, 1 couverture de laine, 1 couverture de coton, 2 rideaux de toile avec tringle de fer (100 Fr)
  • 4 mauvais rideaux de croisée en toile de coton avec tringle en fer (4 Fr)
  • 1 glace de cheminée en deux morceaux de bois peint en gris avec ornement de bois doré (48 Fr)
Dans les commodes, armoires, secrétaire et chiffonniers cités ci-devant :
  • 3 paires de draps de toile de ménage (30 Fr)
  • 20 nappes de toile de ménage unies (30 Fr)
  • 8 nappes de toile ouvrée (16 Fr)
  • 79 serviettes de toile unie (58 Fr)
  • 5 rideaux de croisée de garat (6 Fr)
  • 5 taies d'oreiller (3 Fr)
  • 1 tour de lit composé de rideaux, pente et couvre-pied de toile flambée (12 Fr)
  • 21 chemises la majeure partie mauvaise (35 Fr)
  • 18 mouchoirs de poche de couleur mauvais (5 Fr)
  • 2 robes en toile de coton, 1 mantelet de mousseline, 4 jupons de toile de coton, 1 jupon de laine, 1 corset, 10 camisoles diverses couleurs, 1 jupon de piqué, 2 robe de toile à bouquets fonds bleus, 1 robe de cotonnade rayée (40 Fr)
  • 4 paires de bas de coton, 2 vieux mantelets de taffetas noir, 2 têtes aussi de taffetas noir, 1 mauvaise paire de souliers (3 Fr)
  • 14 verres à patte, 1 mauvais couteau (2 Fr)
  • 3 draps, 3 chemises, 3 bonnets, 4 pièces d'estomac, 1 camisole (18 Fr)
  • 2 couverts d'argent (70,40 Fr)
  • deniers comptants (125 Fr)
Louis Nicolas JOURDAIN, gendre de la défunte, réclame contre la succession 216,40 Fr pour l'administration des pompes funèbres, impression des billets et pour l'église de l'Abbaye aux Bois pour frais funéraires de ladite veuve GUENET, 27,50 Fr payés à la mairie du 10e arrondissement pour le convoi funéraire. 

Marie Françoise JANSSÉ payait 100 Fr par an le loyer de sa chambre. 

Obligation de Louis Nicolas JOURDAIN envers Marie Élisabeth PASQUER :

Louis Nicolas JOURDAIN emprunte la somme de 10 000 Fr à 5% d'intérêts à Marie Élisabeth PASQUER veuve de Jean Baptiste BALLET, ancien lieutenant-colonel. 

En guise de garantie, il hypothèque une maison, jardin et dépendances sise au 35 rue de Sèvres (10e arrondissement) dont il est propriétaire. Il en a fait l'acquisition de Louis André DURU par procès verbal passé devant le préfet de la Seine et les membres du conseil et de la commission des hospices le 4 juin 1813. 

Il hypothèque une maison mitoyenne sise au 37 rue de Sèvres dont il est également propriétaire. Il doit sur cette deuxième maison 8 880 livres tournois à monsieur DOUBLET, 4 862,24 Fr à la veuve BRIGONDAT, et 2 567, 90 Fr aux représentants de la veuve MAILLET. Cette maison est grevée du fond de douaire qu'il a constitué à son épouse lors de leur contrat de mariage d'une valeur de 16 000 Fr. Louis André DURU a acquis cette maison pour 13 000 Fr. 

La somme empruntée par Louis Nicolas JOURDAIN servira à acquérir la maison du 35 rue de Sèvres d'une somme de 13 000 Fr. à Louis André DURU. 

Obligation de Louis Nicolas JOURDAIN envers Athanaïs Marguerite BEAUTHEIL :

Louis Nicolas JOURDAIN emprunte la somme de 8 000 Fr à 5% d'intérêts à Athanaïs Marguerite BEAUTHEIL, veuve de Jean Baptiste Louis Marthe LALLEMENT, ancien fabricant de lampes. 

Il hypothèque une maison sise au 35 rue de Sèvres acquise au nom de Louis André DURU d'une valeur de 13 000 Fr et une maison sise au 37 rue de Sèvres dont il est propriétaire. 

Cette somme lui servira à payer pour 3 000 Fr monsieur DURU pour sa maison, et pour 5 000 Fr les hospices civils de Paris pour l'adjudication.

Quittance de Louis André DURU et Louis Nicolas JOURDAIN :

Louis André DURU et Louis Nicolas JOURDAIN ont acheté au préfet de la Seine assisté d'un membre du conseil et d'un membre de la commission des hospices civils de Paris une maison sise aux numéros 33 et 35 rue de Sèvres provenant de l'Hôpital Général pour la somme de 50 000 Fr. 

Monsieur DURU a payé 13 000 Fr de ses deniers personnels. Monsieur JOURDAIN a payé 1 222, 60 Fr sur ses deniers personnels. Monsieur JOURDAIN donne en espèces la somme de 13 000 Fr à monsieur DURU à la vue du notaire. 

Inventaire après décès de Marie Jeanne GUENET :

Il est étonnant de noter que cet inventaire commence le 9 juillet 1813, dix ans après le décès de Marie Jeanne GUENET. Ses trois enfants sont déclarés être ses seuls héritiers. 

La prisée sera effectuée par Maître Jean Baptiste BENON, commissaire priseur choisi par Jean LAFOSSE, tuteur des enfants, et accepté par Louis Nicolas JOURDAIN. 

Voici l'inventaire de la femme d'un marchand de vins en 1813 à Paris : 
  • 1 pelle, 1 pincette, 2 chenets en garde cendre, 1 soufflet (2 Fr)
  • 2 marmites dont une à vendre et 1 ovale avec leur couvercle, 1 bassine, 2 tourtières, 4 casseroles et leurs couvercles le tout de cuivre rouge, 1 passoire de cuivre jaune, 1 écumoire de cuivre jaune, 1 cuiller à pot de fer blanc, 1 cuiller à dégraisser en cuivre étamé, 1 gril en fer (48 Fr)
  • 1 table ronde en bois de noyer, 7 chaises foncées de paille (9 Fr)
  • 2 couperets, 1 panier à charbon, 2 boites (2 Fr)
Dans un placard d'armoire à droite de la cheminée au côté de la cour : 
  • 1 petit chaudron de cuivre jaune (3 Fr)
  • 6 volumes de livres sujet de dévotion (1 Fr)
Dans un autre placard d'armoire en face : 
  • 1 boîte à matelas, 1 paquet de chiffons né méritant description (2 Fr)
Dans la boutique :
  • 1 fontaine de cuivre rouge avec son couvercle de même cuivre et robinet de potain (50 Fr)
Dans une salle éclairée par une porte et un vitrage sur la cour : 
  • 1 fil de sangle, 2 petits matelas de petite lamé couvert de toile à carreaux, 1 couvre-pied d'indienne, 1 traversin de coutil rempli de plumes, 2 petits draps de toile de ménage (38 Fr)
  • 1 petite échelle (1,50 Fr)
Dans une chambre au premier étage ayant vue par deux croisées sur la cour :
  • 2 chemises (5 Fr)
  • 1 lit composé d'une couchette à bas pilier fond sans roulette à équerre, 1 sommier de crin, 4 matelas de laine couverts de toile à carreaux, 1 lit, 1 traversin et 1 oreiller de coutil rempli de plumes, 2 couvertures de laine blanche, des draps en toile de ménage, 1 taie d'oreiller (200 Fr)
  • 2 chaises foncées de paille, 1 grand fauteuil de bourg & diverses couvertures de mauvaise tapisserie (5 Fr)
  • 1 commode de bois de noyer à deux grands et deux petits tiroirs, 1 secrétaire de même bois, 1 table de nuit, le tout mauvais (24 Fr)
  • 4 estampes sous verre, 2 baromètres, 1 miroir de toilette cuivré (6 Fr)
  • 1 vieille pendule en cuivre démontée, 1 sucrier, 6 tasses avec leur soucoupe de porcelaine (3 Fr)
Dans les commodes, secrétaire et dans deux placards d'armoire à droite et à gauche de la cheminée : 
  • 9 draps de toile de ménage très abimée, 12 autres petits draps de grosse toile, 48 nappes tant de toile plumée qu'ouvrée très élimée, 2 douzaines de serviettes, 24 torchons (250 Fr)
  • 5 rideaux de garat (20 Fr)
  • 4 petits rideaux en croisée très mauvais (3 Fr)
Habit et linge du dit sieur JOURDAIN :
  • 1 habit de drap couleur carmethile (?), 1 redingote aussi de drap, 1 en toile de rap (?), 2 pantalons de velours, 3 gilets de diverses couleurs, 5 paires de bas de coton, 1 paire de bas de soie, 2 caleçons, 30 chemises ausage (?) d'homme de toile de ménage limée, 24 mouchoirs de couleurs, 12 cravates de mousseline blanche, 2 chapeaux ronds, 2 paires de souliers (198 Fr)
  • 10 bonnets de coton mauvais (10 Fr)
  • 5 taies d'oreiller très mauvaises (3 Fr)
  • 2 ravoirs avec leur cuir, 1 brosse à habits (5 Fr)
Habit et linge à l'usage de la défunte : 
  • 1 déshabillé de toile de Jouy fond bleu, 1 jupon de mousseline blanche, 1 corset et 1 jupon aussi de mousseline blanche, 1 autre corset de toile et coton, 1 jupon de taffetas rouge, 1 robe et son jupon de soie couleur ardoise, 1 robe de taffetas fond violet, 1 robe de soie à raies, 1 jupon d'indienne, 1 casaquin et 1 jupon aussi d'indienne, 1 robe de mousseline brodée, 1 corset de toile de coton, 1 casaquin et son jupon en toile de Jouy deux camisoles d'indienne, 1 jupon de toile de coton, 3 camisoles dont deux garnies de mousseline, 1 châle de soie, 1 fichu d'indienne, 1 autre fichu de mousseline brodée, 3 grands fichus de mousseline unie, 7 autres fichus de mousseline, 19 mouchoirs de poche tant de toile que de baptise, 7 bonnets de mousseline garnis de petite dentelle, 5 fichus de dessous, 5 fichus de couleur, 1 autre aussi de couleur, 1 paire de gants de par deux petits bouts de dentelle, 1 paire de chaussures, 1 bonnet de dentelle noire, 2 éventails, 13 chemises ausage (?) femme, 2 paires de poches, 6 paires de bas de coton, 3 jupons de velours, 2 déshabillés de toile prisés ensemble (225 Fr)
  • 2 grands rideaux de toile de coton avec leurs anneaux et cordons (12 Fr)
Marie Jeanne GUENET était donc plutôt élégante si on en croit sa garde-robe. Le casaquin était un peu passé de mode en 1803, mais pour une femme née en 1780, on peut donc dire qu'elle gardait la mode d'Ancien Régime ou avait hérité de robes de sa mère.

Casaquin
(source : Musée de la Mode de la ville de Paris, base Joconde du Ministère de la Culture)
Bijoux : 
  • 1 chaine de col avec coeur entouré d'un coeur de verre, 2 paires de boucles d'oreilles aussi en or, 1 petit flacon dans son étui avec bouchon en or, 1 couteau de marc de perlé cassé, 1 épingle et 1 anneau en or, 1 autre anneau en argent, 1 étai d'ivoire garnie et 1 paire de ciseaux (72 Fr)
  • 1 montre à boîte d'or du nom de Dutertre à Paris n°1819, ladite montre à cadran de maille marquant heures et minutes avec chaîne, 1 autre montre du nom de Gariot à Paris n°850 à cadran de maille marquant heures et minutes et aussi à boîte d'or avec chaîne en acier et clef en cuivre (156 Fr)
Ici, le notaire clos momentanément l'inventaire qui a eu lieu de 10h à 15h. On remarque que le tissu semble valoir à l'époque beaucoup plus cher que l'ameublement car ce sont les seuls objets considérés comme ayant de la valeur financière par le notaire. 

(source : Archives nationales - MC/ET/LXV/638 - p. 7)
"Le dix Juillet mil huit cent Treize neuf heures du matin
Et meme requête et en présence que ci devant Sur la même
représentation, Lesdits notaires à Paris soussigné vont procéder a la
Continuation dud Inventaire et La prisée sera faite par led Me Benon ainsi
qu’il Suit :" 

Pour la suite de l'inventaire, les glaces ont été mesurées par monsieur ARION, l'un des préposés du bureau central du poids public Hôtel JABACH rue Médéric n°46 à Paris, assermenté au Tribunal de Commerce.

Dans un cabinet faisant suite à la boutique de la maison rue de Sèvres n°37 : 
  • 1 glace sur la cheminée de 79 cm x 72 cm dans sa bordure de bois peint en gris (60 Fr)
Dans la chambre du premier étage éclairée sur la cour : 
  • 1 glace dessus de cheminée d'1,53 m x 80 cm dans sa bordure de point peint en gris (260 Fr)
  • 1 autre glace en face de la cheminée d'1,07 cm x 90 cm dans son parquet de bois peint (140 Fr)
Argenterie : 
  • 1 cuiller en aragout et 8 couverts unis (237,60 Fr)
  • 1 gobelet à pied anse d'argent (20 Fr)
Les vins et ustensiles relatifs aux commerces sont prisés par monsieur Paul PIRON, marchand de vins à Paris 33 rue de Sèvres choisi par le sieur JOURDAIN et Jean RAVARY, commissionnaire de vins à Paris 20 rue des Bernardins choisi par le sieur LAFOSSE qui promettent de donner leur avis en leur âme et conscience (notre monsieur JOURDAIN étant marchand de vins)

(source : Archives nationales - MC/ET/LXV/638 - p. 9)
Insérée dans la reliure de l'inventaire, un petit billet du Bureau Central du poids public sur l'estimation totale des vins de 21 980 Fr. 

S'ensuit sur près d'une dizaine de pages une estimation des vins. L'inventaire continue les jours suivants. Le 13 juillet 1813, on inventorie les papiers du couple, à commencer par leur contrat de mariage qui stipule que Louis Nicolas JOURDAIN apporte en dot : une maison au n°1111 rue de Sèvres (aujourd'hui n°37) sur laquelle il restait à payer 12 000 Fr, la somme de 10 000 Fr en meubles, effet mobiliers, habits, linge et hardes, deniers, vins et ustensiles de son commerce. Les parents de Marie Jeanne GUENET lui ont constitué en dot la somme de 7 000 Fr, dont 6 000 Fr en deniers comptants et 1 000 Fr en trousseau à la charge du sieur JOURDAIN. 

A l'époque de son mariage, la demoiselle GUENET a un frère dont il est fait mention mais qui n'est pas nommé. Les parents s'engagent à ne pas doter leur fils d'une somme plus forte que de celle dont ils ont doté leur fille. 

Le sieur JOURDAIN constitue à sa future épouse en douaire une rente viagère de 800 Fr. 

Il est rappelé que leur mariage a été prononcé le 20 brumaire an VIII, qu'à cette époque, le loyer de sa maison était de 99,86 Fr. Le sieur JOURDAIN rappelle qu'il n'a reçu aucune succession durant son mariage et que son père (celui de sa femme ou le sien ?) est décédé postérieurement à sa femme mais que la veuve JENET (GUENET ?) gardait l'usufruit des biens.

Le sieur JOURDAIN a acquis antérieurement à son mariage (et l'information pourra intéresser ceux qui font des généalogies parisiennes) par adjudication au ci-devant Châtelet de Paris le 8 juin 1793 une maison à Paris rue de Sèvres n°1111 ancien et n°37 moderne moyennant 8 000 Fr plus 1 800 Fr pour les frais à madame Marie Claude BARRÉ, fille majeure demeurant rue Mazarine à Paris héritière de Marie Louise Victoire POLET sa mère veuve de Jacques Claude Simon BARRÉ propriétaire pour un sixième avec ses frères et soeurs. 

S'ensuit le détail des paiements pour plus de 40 000 Fr du sieur JOURDAIN aux différents propriétaires de la maison en fonction de leurs parts respectives.  25 actes notariés que je pourrais consulter à la recherche de détails sur l'ascendance de Louis Nicolas JOURDAIN si elle n'est pas précisée dans son contrat de mariage. 

S'ensuivent plusieurs dizaines d'actes notariés concernant des emprunts contractés par le sieur JOURDAIN ou des prêts par lui accordés à d'autres personnes. Rien concernant l'héritage de ses parents qui pourrait me donner des indices le concernant. 

S'ensuit la liste des locataires de Louis Nicolas JOURDAIN et le prix de leur loyer annuel. Vu le très grand nombre de locataires, je crois deviner que sa "maison" est en fait un immeuble où logent un très grand nombre de familles : 
  • le sieur RICHARD : 140 Fr
  • le sieur LE ROY : 90 Fr
  • la dame MAGIN : 60 Fr
  • le sieur DESCHAMPS : 80 Fr
  • le sieur DENISOT 180 Fr
  • la demoiselle VANMOUCHE : 80 Fr
  • la demoiselle PORLIER : 60 Fr
  • le sieur FOURNIAUX : 72 Fr
  • le sieur NETAC : 72 Fr
  • la demoiselle JEAN : 60 Fr
  • la dame NIVON : 60 Fr
  • le sieur DRAFOND : 56 Fr
  • la dame GUILLAUME : 70 Fr
  • le sieur JESSOR : 24 Fr
  • le sieur ROBINET : 30 Fr
  • la demoiselle THERESE : 24 Fr
  • le sieur CHAIGNOT : 130 Fr
  • le sieur HEBERT : 80 Fr
  • le sieur PHILIPPE : 90 Fr
  • le sieur VASSELLE : 50 Fr
  • le sieur DOCHET : 60 Fr
  • le sieur AUROY : 60 Fr
  • le sieur JEAN : 50 Fr
  • le sieur FONTENOY : 60 Fr
  • le sieur FRACHAIN : 55 Fr
  • le sieur DURU : 60 Fr
  • le sieur GROSSOT : 50 Fr
  • la demoiselle GUILLEMINET : 20 Fr
  • le sieur BERSHAUD : 20 Fr
  • le sieur CORDONNIER : 20 Fr
Vu la disposition de la maison dans l'inventaire, il semble que le rez de chaussée soit la boutique de vin, le premier étage l'appartement des JOURDAIN-GUENET et que tous les autres étages comptent ces très nombreux locataires. Vu la date de l'achat (1793) au Châtelet de Paris, je pense que Louis Nicolas JOURDAIN a eu le nez creux et a acheté un immeuble en vente parmi les biens nationaux saisis lors de la Révolution. 

En tout cas, ce contrat me prouve que si je vais chercher la potentielle existence d'inventaires après décès de toutes les branches en haut desquelles je suis bloqué, je peux, par la mention des contrats de mariage, remonter une à deux générations supplémentaires grâce à cette source immense et peu encore exploitée que sont les actes notariés. 

Actes à rechercher à la suite :
  • conseil de famille des enfants JOURDAIN le 3 juillet 1813 (Paris 10e)
  • contrat de mariage JOURDAIN-GUENET le 14 brumaire an VIII devant Me MORIN et son collègue notaires à Paris
  • contrat de mariage GUENET-JANSSÉ le 22 avril 1777 devant Maître MONNOT et son collègue notaires à Paris
  • Marie Marguerite JANSSÉ, soeur de Marie Françoise JANSSÉ et veuve de Nicolas Denis GUENET est décédée à Mantes en 1815
  • acquisition de la maison 35 rue de Sèvres le 4 juin 1813
  • inventaire après décès de Marie Anne GUENET le 9 juillet 1813
  • acte passé devant maître TRUTAT, notaire à Paris le 13 novembre 1793 ou 23 brumaire an II concernant l'acquisition de la maison rue de Sèvres

mardi 19 mai 2015

Georges Frédéric Marie BULLOT condamné à 20 ans de bagne

Liens entre Georges BULLOT et ma grand-mère
(source : Heredis 2014)
Voilà chose faite, j'ai trouvé le premier bagnard de ma généalogie : Georges Frédéric Marie BULLOT. Issu d'une famille aisée de négociants propriétaires de la commune de Bléré (Indre-et-Loire), la lecture de son matricule militaire m'a interpellé. 


(source : Archives départementales d'Indre-et-Loire - 1R651/1890 - p. 90)
"Condamné par arrêt définitif de la Cour d'Assises d'Indre et Loire, le 26 Mars
1904, à 20 ans de travaux forcés, avec dispense de l'interdiction de séjour
pour crimes d'incendies volontaires, fuax et usage de faux.
Devenu exclus colonial, conformement a l'article 4 de l'inston
Mle du 15 Janvier 1903, le 22 avril 1904.
Décédé, dans la Colonie
Pénitentiaire de la Guyane le 10 Décembre
1905."

Pour comprendre précisément qui était cet homme ayant visiblement besoin d'argent et étant prêt pour cela à tuer père et mère et à déclencher de multiples incendies, voici un article de Ouest Éclair qui relate toute l'affaire. 





(source : L'Ouest-Éclair, n° 1682, 28 mars 1904, p. 1)

lundi 18 mai 2015

Le consentement de mariage de Charles COURTAULT

Pays/territoire : Issoudun, France
Charles COURTAULT
|
Jeanne COURTAULT
|
Louise CHUAT
|
Henri DEBANNE
|
Ma grand-mère
|
Ma mère
|
Moi

(source : Archives départementales de l'Indre)
Il est des ancêtres dont on sait moins de choses que d'autres. C'est le cas de Charles COURTAULT, vigneron domicilié à Issoudun (Indre). Il n'a en effet eu que deux enfants avec mon ancêtre Catherine DURAND, dont seule mon ancêtre Jeanne COURTAULT, a survécu. 

(source : Heredis 2014)
À part ses actes de baptême, mariage, décès, ainsi que ceux de ses enfants, je n'avais donc que peu de renseignements à son sujet. Mais avant ce mariage avec Catherine DURAND, notre vigneron avait épousé Catherine PLOQUIN (probablement une cousine éloignée étant donné que les mères des deux époux ont pour nom de famille GUILLAUME et qu'un témoin est cousin des deux époux). Elle meurt un an après le mariage sans avoir eu d'enfants. 

Pourtant, au moment de ce mariage, Charles DURAND est "mineur" selon la loi de l'époque (il est âgé de 20 ans) et orphelin de père, mère et aïeuls paternels et maternels. 

(source : Archives départementales de l'Indre - 3 E 088/139-141 - p. 89)
"Charles Courtault, âgé de vingt ans, vigneron domicilié
en cette ville sur la section du couchant, fils mineur de deffunt
Pierre Courtault, vivant vigneron et de deffunte Catherine
Guillaume, n'aïant plus aussi ni aïeuls ni aïeules, et 
procédant sous l'autorité de son tuteur et d'un conseil de 
famille. conformément à la loi,"

J'ai donc la chance d'avoir cet acte de mariage extrêmement long pour l'époque (nous sommes en 1808) dans lequel sont indiqués les lieux et dates du décès des parents et des quatre grands-parents de Charles COURTAULT (une belle avancée généalogique en un seul acte) afin de prouver qu'il est vraiment orphelin. Mais également un acte de consentement de son conseil de famille qui a nommé un tuteur pour l'occasion en la personne de Pierre PASQUET, le frère de Charles COURTAULT (sa mère, Catherine GUILLAUME ayant au deux mariages au long de sa vie). 

(source : Heredis 2014)
Il y a donc un acte passé devant le juge de paix d'Issoudun, François JOUSLIN de NORAY, où les membres les plus lettrés d'une famille où peu de gens savent écrire sont présents pour former le conseil de famille.

Signatures du consentement de mariage
(source : Archives départementales de l'Indre)
C'est la première fois que je lis un acte notarié aussi ancien et il est amusant d'y lire un langage mi-officiel mi-courant. 

(source : Archives départementales de l'Indre)
"Pardevant nous francois
Jouslin De Noray, juge de paix du canton nord est Dissoudun
assisté de Notre Greffier, est comparu Paul Paquet, Vigneron, 
Demeurant au Village de Chinault, Commune D'issoudun, assisté
de charles Courtault son Pupil, lequel a Dit que le Dit Courtault
mineur etant au Soir de se marier avec Catherine Ploquin
fille de Pierre Ploquin, propriétaire, Vigneron, Demeurant
au dit Village de Chinault et de Cathrine Guillaume, son épouse, 
Il a Requis l'assemblée de famille des parents et amis Cy
après nommés a l'effet de Consentir au futur mariage"

Sont donc rassemblés pour représenter la famille de Charles COURTAULT : 
  • Paul PASQUET, vigneron, frère de l'époux
  • Louis COURTAULT, vigneron, cousin de l'époux
  • Louis CHARLOT, vigneron, cousin de l'époux
  • Jean FEUILLET, vigneron, beau-frère de l'époux
  • Jean Baptiste GUILLAUME, vigneron, cousin de l'époux
  • François BORDAT, vigneron, allié de l'époux
  • Pierre BAZIN, tonnelier, allié de l'époux
Il y a donc sept personnes, conformément à la loi, pour consentir à ce mariage. Et voici l'étonnant terme choisi par le juge de paix pour désigner la future épouse.

(source : Archives départementales de l'Indre)
"Tous lesquels Parents et amis Réunis Sous notre
Présidence, après en avoir Confére avec nous, nous ont
Dit et declaré que Trouvant le Mariage Projetté ledit
Charles Courtault et la Ditte Catherine Ploquin, bru
sortable, ils font Desir et aprouvent unanimement le dit
mariage et autorise a cet éffet le Dit Paul paquet a y 
Consentir en Leur nom."


La pauvre Catherine PLOQUIN, à une époque où se marier est la même chose qu'acheter un terrain ou une vache, est qualifiée de "bru sortable" !!! Autres temps, autres moeurs ... En tout cas, cet acte me permet d'en savoir un peu plus sur la famille de Charles COURTAULT, d'apprendre qu'au décès de ses parents il a été élevé par son frère aîné, que certains membres de sa famille étaient quand même lettrés, et que les femmes n'étaient pas bien considérées au début du XIXe siècle, malgré la Révolution passée. 

lundi 27 avril 2015

Le portrait de Pierre Félix DELARUE

Pays/territoire : Paris, France
Pierre François ROUSSEAU + Jacquine NOUVELLIÈRE
|                                                       |
Anne ROUSSEAU                   Marie ROUSSEAU
(+ Pierre Félix DELARUE)            |
                                                            Victor Auguste BRANCHU
                                                        |
                                                            Louis Victor BRANCHU
                                                       |
                                                              Madeleine Marie Victorine BRANCHU
                                                       |
                                                        Ma grand-mère
                                                       |
                                                       Mon père
                                                       |
                                                       Moi

Il y a quelques temps, je vous parlais de mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-oncle Pierre Félix DELARUE, architecte parisien. Après les recherches que j'avais effectué le concernant, j'avais mis à jour sa fiche sur Wikipedia. L'avantage de Wikipedia c'est que tout le monde peut contribuer. Ainsi, une personne a mis en ligne son portrait réalisé par le célèbre peintre Léon BONNAT dont on connaît notamment ce portrait de Victor HUGO. 

Léon BONNAT, Portrait de Victor Hugo
J'ai donc le bonheur de rencontrer cet homme épousé par une femme de ma famille et qui a légué toute sa fortune (n'ayant pas eu d'enfants) à une autre femme de ma famille. 

Léon BONNAT, Portrait de M. Delarue, architecte, 1887
Ce portrait est actuellement conservé au Musée des Ursulines de Mâcon. Voici ce qu'en dit la base Joconde qui recense les oeuvres exposées dans les musées de France : "Portrait d'homme âgé à demi chauve, en buste, de face, pouce de la main gauche passée dans sa redingote, ruban de la Légion d'Honneur ; Portrait de F. Delarue, architecte, répond à une commande qui s'apparente à une volonté d'affirmation sociale. La solennité de la représentation est appuyée par le hiératisme du maître d'oeuvres et par son expression fière et volontaire. Le fond pourpre traité par touches, met en valeur la facture lisse appliquée au personnage et souligne la décoration qui fleurit au revers du veston de l'architecte"

Pierre Félix DELARUE, fils d'un marchand boucher, né peu après la Révolution, qui épouse en premières noces la fille d'un officiel de la République, puis en secondes noces la fille d'un journalier sarthois a réalisé une belle ascension. Il deviendra un richissime architecte parisien, restaurateur de monuments historiques, chevalier de la Légion d'honneur et construira de nombreuses églises, châteaux et théâtres dans la France du XIXe siècle. Il participe en tant qu'architecte à l'Exposition Universelle de Paris de 1867. Une rue du Mans porte son nom. 

En conclusion, un grand merci aux sites collaboratifs comme Wikipedia ou Geneanet qui me permettent de mettre un visage sur mes ancêtres du XIXe siècle !