lundi 4 mars 2013

Auguste Louis Aimable Métreau, chevalier de la légion d'honneur, médaille militaire


J'ai récemment terminé mon objectif qui était de trouver tous les enfants de Jacques Mêtreau et Thérèse Nolin à Nouan-le-Fuzelier à la fin du XVIIIème siècle. J'ai alors pensé à regarder sur le site Leonore qui regroupe les titulaires de la légion d'honneur pour voir si un Métreau ne l'avait pas eu. Et bien, il semble que chaque branche de ma famille ait un médaillé. Après les Frémeau, les Gaveau et les Bastard, voici qu'un Métreau fut décoré de la légion d'honneur : Auguste Louis Aimable Métreau.

(source : Arbre familial, via Geneanet)
J'étais sûr qu'il faisait parti de ma famille, car tous les Métreau de Nouan-le-Fuzelier sont issus de mon ancêtre Jacques Mêtreau émigré de la Vienne. Ayant le nom de ses parents sur son dossier de légion d'honneur, je suis donc parti à la recherche de l'acte de mariage de Louis Métreau et de Marie Euphémie Emilienne Laveille que j'ai vite trouvé à Nouan-le-Fuzelier en 1883. D'après cet acte, j'ai compris qu'Auguste Métreau était le cousin issu de germain de mon arrière-grand-mère Berthe Grelot.

Sur l'acte de mariage de ses parents, (célébré par François Amable Nolin, adjoint au maire, probablement de notre famille car il n'y a qu'une famille Nolin à Nouan-le-Fuzelier) dans la marge (et un peu coincé par la reliure), j'ai trouvé ce texte :

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 1 MIEC 161 R2 -  p. 229)
"cet instant, les parties ..us ont déclaré qu'il ... né d'elles, à la date ... quinze Avril dernier ...étreau Auguste Louis ...mable, inscrit sur ...s registres des naissances ... cette commune le même ...r sous le n° dix-neuf, ...'ils reconnaissent pour ....r fils légitime, voulant ...'il jouisse des prérogatives que ... enfants qui pourront ...ître de leur union."
Direction donc le 15 avril 1883, six mois avant le mariage de ses parents, où j'ai trouvé ceci :

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 1 MIEC 161 R1 - p. 387)
 "Métreau Auguste Louis Aimable garçon illégitime Légitimé par le mariage de Louis Métreau & de Marie-Euphémie-Emilienne Laveille, célébré en cette commune à la date du vingt-neuf octobre mil huit cent quatre-vingt-trois, et inscrit sur les registres des mariages sous le n° onze"
 C'est le père, Louis Métreau qui vient déclarer l'enfant, de lui et de sa femme "non mariés". Il lui donne par ailleurs le prénom de Aimable qui est celui du grand-père de l'enfant, mon ancêtre Clément Amable Métrop. Il y a donc peu de doute sur le fait que cet enfant soit donc bien le fils de son père.

Passons maintenant au dossier de légion d'honneur d'Auguste. J'y apprends que, comme son père et son grand-père, il est lui aussi charron. Pendant la Première Guerre Mondiale, il a combattu comme soldat dans le 89ème régiment d'infanterie de ligne.

(source : Drapeau du 89ème régiment d'infanterie de ligne de l'armée française, avec ses batailles, par Sémhur, licence CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons)
Malheureusement, en 1915, il reçoit une grenade qui lui fracture la jambe droite, dont il sera amputé en partie.

(source : Archives nationales - 19800035/0094/11738 - p. 10)
Le dossier m'apprend que, le 23 mai 1916, tandis que la Première Guerre Mondiale bat son plein mais qu'il ne peut plus combattre du fait de son infirmité, Auguste reçoit la Médaille Militaire.

(source : Archives nationales - 19800035/0094/11738 - p. 7)
Afin de recevoir la légion d'honneur, sur proposition du Ministre de la Guerre, il doit faire dresser un rapport de gendarmerie attestant de sa moralité. Voici ce que dit de lui le maréchal des logis-chef Légeret le 18 janvier 1938.

(source : Archives nationales - 19800035/0094/11738 - p. 9)
"Le mutilé de guerre, Métreau, auguste-Louis-aimable, né le 15 avril 1883, à Nouan-le-Fuzelier, (Loir-et-Cher), demeurant dans cette localité, est bien considéré dans la commune. Sa conduite est exempte de reproches ; il est de bonne moralité ; et rien ne s'oppose pour l'instant, à ce qu'il soit l'objet d'une proposition de nomination dans l'ordre de la Légion-d'Honneur."
Pièce la plus touchante de ce dossier, une lettre manuscrite écrite de la main d'Auguste Louis Aimable Métreau demandant à être décoré devant le régiment où son fils Raymond est militaire de carrière. Voici la lettre en question :

(source : Archives nationales - 19800035/0094/11738 - p. 6)
"Monsieur
En réponse a votre honorée du 28 Avril 1938.
Je vous envoie ci joint comme vous me le demandez
1° Mon acte de Naissance.
2° Mon livre de traitement de la Médaille Militaire.
D'autre-part, Je désirerais être décoré devant le front des troupes A Tours ou mon fils est sous-officier de carrière. Raymond Métreau au 32ème D'Infanterie 1ère compagnie. Tours. (Indre-et-Loire.
Je tiens a vous dire que le jour ou je serai convoqué je serai muni de la décoration.
Recevez Monsieur mes sincères salutations.
Métreau Auguste-Louis Aimable
a Nouan-le-Fuzelier. (Loir-et-Cher"
Malheureusement, Auguste ne sera pas écouté par l'administration et sera décoré à Salbris (Loir-et-Cher) par le capitaine Maurice André Louis Stanislas Angellin, commandant d'armes de la garnison de Salbris.

(source : Archives nationales -  19800035/0094/11738 - p. 5)
Voici donc un nouveau membre de la famille décoré de la Légion d'Honneur. Quel dommage qu'il n'existe pas de site internet similaire pour les autres décorations françaises ! Je suis sûr qu'il y aurait de nouvelles découvertes. Et vous, avez-vous trouvé des médaillés dans votre famille ?