lundi 8 avril 2013

Nota marginalis


Je suis actuellement en train de retrouver les enfants de Paulin Feneyrol et Jeanne Vignol, à Saint-Priest-les-Fougères, en Dordogne. Les Feneyrol sont originaires de la Haute-Vienne, ce qui explique le peu de renseignement que j'ai sur cette branche, installée en Dordogne depuis les parents de Paulin : Antoine Feneyrol et Françoise Lacour.

Paulin et Jeanne sont métayers, c'est à dire qu'ils exploitent les terres d'un propriétaire et partagent avec lui la moitié des fruits de leur labeur. C'est une condition assez modeste, je sais même qu'ils sont pauvres. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est François Lamothe, adjoint au maire de Jumilhac-le-Grand sur l'acte de décès de leur fille Marie en 1816. Il écrit ceci :

(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI12704_036 - p. 9)
"... habitant le village du mas même commune de jumilhac et paul feynérol son pere lui succede et il est metayer pauvre ..."
Pour ces personnes d'une si modeste condition, le curé daigne à peine griffonner deux lignes sur son registre pour noter les baptêmes de ses enfants. Il faut être attentif et ne rien manquer. L'abbé Teillat est tellement économe en rédaction d'actes que deux mois après le baptême d'un des enfants du couple en 1781, il écrit ceci dans la marge :

(source : Archives départementales de la Dordogne - 5MI13206_003 - p. 339)
"obiit 7e aprilis 1781"
Ce petit mot, obiit, signifie en latin : il mourut. Plutôt que de se fatiguer à rédiger un acte de sépulture en bonne et due forme pour le petit Pierre Feneyrol, il écrivit simplement : il mourut le 7 avril 1781.

Retrouver la trace de nos ancêtres les plus modestes est toujours plus difficile, les actes sont rédigés avec moins de soin et peu de généalogistes se sont intéressés à ces branches, mais ils méritent autant que les autres d'être retrouvés. En conclusion, dans nos recherches, ne sous-estimons jamais les mentions marginales.