dimanche 26 mai 2013

Jean Michel PINON, l'enfant de la dernière chance

Pays/territoire : Romorantin-Lanthenay, France

En ce jour de Fête des Mères, j'ai trouvé une mère bien tardive. Tout est parti de cet acte :

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI194/R27 - p. 17)
"aujourd'huy quatre pluviose de l'an quatre de la république française une et indivisible à quatre heures du soir par devant moi nicolas Gabriel Anselin membre de l'administration municipale de la commune de romorantin département de loir et cher est comparu jean pinon vigneron assisté de paul philippe Galicher agé de cinquante cinq ans et jean champenois agé de cinquante ans tous deux proprietaires et domiciliés de cette commune, lequel m'a declaré que jeanne meignan son épouse en legitime mariage est accouchée d'hier à neuf heures du soir d'un fils au quel il a donné les prénoms de jean michel, d'après cette declaration et la representation qui m'a été faite de l'enfant denommé j'ai redigé le présent acte, que les comparant et témoins ont signés avec moi. fait en la maison commune les jour et an susdits"
Jusque-là, un acte de naissance tout ce qu'il y a de plus banal. Pour ceux qui ne sont pas familiers du calendrier révolutionnaire, le 4 pluviôse an IV correspond au 24 janvier 1796. Quand j'ai rentré cet acte dans mon logiciel Heredis, il a immédiatement déclenché une alerte dont je m'étais douté en voyant que le premier enfant de ce couple est né en 1769, soit 27 ans plus tôt !

Marie Jeanne MEIGNAN est à nouveau mère à l'âge de 51 ans après avoir donné naissance (d'après mes recherches qui ne sont pas encore complètes pour cette famille) à neuf enfants : Jean, Sébastien, Georges Modeste, Jeanne Magdeleine, Claude, Jeanne Madeleine, Marie Solange, Jean Pierre et Etienne.

Parenté de Marie Jeanne Meignan à mon arrière-grand-père
(source : Arbre familial, via Geneanet)

J'ai toujours (sûrement à tort) imaginé qu'avec ces grossesses répétées et la quasi absence de médecine à l'époque, que les femmes n'avaient pas de grossesses si tardives, sauf à risquer leur vie et celle de leur bébé. Je trouve quand même relativement exceptionnel d'avoir à nouveau un enfant à cet âge extrêmement avancé. L'enfant était-il viable ou avait-il un problème génétique (type trisomie) ? Dans ce dernier cas, l'officier d'état civil l'aurait-il indiqué sur l'acte ? J'imaginais surtout que la plupart des femmes étaient ménopausées à cet âge et j'avoue n'avoir jamais cherché d'enfants au delà d'environ 45 ans pour reconstituer mes fratries.

J'ai un autre exemple dans mes ancêtres d'enfant de la dernière chance. Nous descendons de Pierre François GRELOT dont les parents François GRELOT et Anne GAUDRY se sont mariés tous deux à 48 ans. Il fut leur seul enfant en 1760. Connaissant la mortalité infantile extrêmement élevée à l'époque, nous avons une chance incroyable d'être sur Terre aujourd'hui,

Cet enfant unique rattrapera son retard en deuxièmes noces (sa première épouse fut assassinée sous la Terreur) en ayant lui-même 13 enfants ! Et vous, avez-vous des enfants extrêmement tardifs parmi vos ancêtres ?