mardi 1 octobre 2013

Les enfants d'Armantine PERLY

Pays/territoire : Romorantin-Lanthenay, France
Lors de mon voyage généalogique berrichon de cet été, je suis passé par Romorantin (ville où vécurent tous mes ancêtres du côté Perly pendant plusieurs siècles) et la première église que j'aperçus fut la chapelle Saint-Roch.

Chapelle Saint-Roch, Romorantin
(source : photo personnelle)
D'après la petite plaque explicative apposée sur l'église, depuis l'épidémie de peste de 1585, les habitants de Romorantin allaient en pèlerinage jusqu'à Saint-Cécile en Berry. En 1626, cette chapelle fut construite pour invoquer Saint-Roch contre les épidémies. 

Au XVIIème siècle, Romorantin est un lieu d'affrontements violents entre Catholiques et Huguenots. En effet, la ville compte une forte communauté protestante. Au regard de cette information, j'ai maintenant l'hypothèse que mes ancêtres Claude BOURDERIOU et Anne Marguerite DORÉ se seraient mariés dans une église protestante entre 1774 et 1780, ce qui expliquerait l'absence d'acte de mariage dans les registres paroissiaux (je n'ai malheureusement pas connaissance de registres protestants en ligne concernant Romorantin). Auraient-ils ensuite changé à nouveau de religion pour faire baptiser leurs enfants dans l'église catholique ? (voir mon article sur leur mariage) En tout cas, cette église se situe très près d'un temple protestant détruit en 1669.

L'intérêt d'avoir visité Romorantin et appris l'existence d'une forte communauté protestante m'a été d'une grande utilité pour comprendre une découverte récente concernant une cousine : Armantine PERLY, couturière et rempailleuse de chaises.

Liens de parenté avec Armantine PERLY
(source : Arbre familial, via Geneanet)
Armantine est la fille de Jean Etienne Médard PERLI, vigneron, maçon et aubergiste, et de Madeleine Rosalie PERLY, aubergiste. Pour l'anecdote, ses deux parents sont cousins germains, ce qui donne à notre pauvre Armantine un pourcentage de consanguinité de 6,25% !

Toujours est-il que le 2 juillet 1855, Armantine épouse François Eugène LEROY, un tourneur en bois originaire de Mur-de-Sologne.

(source : Archives départementales du Loir-et-Cher - 5MI194/R43 - p. 318)
Jusque là, rien de très original, notre heureux époux est le fils de François LEROY, cultivateur, et de Marie HARAULT. Il a un parrain nommé dans son acte de naissance. Tout me laisse à penser qu'il est né catholique. Cette information est importante, car j'ai été extrêmement surpris en découvrant au fil des registres les prénoms de ses huit enfants :

  • Isaac Thimoléon François (1856)
  • Rebecca Blanche (1857)
  • Esaü Jacob (1859)
  • Ève (1861)
  • Lia (1863)
  • Rachel Sara (1865)
  • Jenny Irène (1867)
  • Adam Eugène (1869)
J'ai d'abord pensé au judaïsme. Mais cela voudrait dire qu'ayant été baptisé, notre François Eugène aurait fait de longues et fastidieuses démarches pour se convertir dans une religion dont les membres subissaient à l'époque un antisémitisme important. Puis je me suis rappelé de cette plaque lue sur la Chapelle Saint-Roch rappelant une forte présence protestante à Romorantin. Et je me suis souvenu que les protestants aussi donnaient des prénoms tirés de l'Ancien Testament à leurs enfants. Qu'il ait été baptisé catholique ou protestant, notre Eugène François LEROY était bel et bien protestant (du moins, tous les indices tendent à le prouver). Reste à découvrir ce que sont devenus mes cousins protestants...