mardi 1 avril 2014

Pierre SEICHER au service de l'armée royale

Pierre SEICHER
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Louise SEICHER
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Marie Mathurine LEDUC
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Jeanne Marie Augustine Renée MARAIS
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Le grand-père de mon beau-frère
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Le père de mon beau-frère
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Mon beau-frère
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Ma nièce

Toujours dans le Maine-et-Loire et ses chouans, je n'arrivais pas à trouver l'acte de mariage de Pierre SEICHER et de Louise BERTHELOT, des ancêtres de ma nièce. Encore une fois, peu d'enfants sous la période révolutionnaire, et les dossiers vendéens m'apprennent que Pierre SEICHER a d'abord émigré sous la Révolution avant de revenir combattre dans l'armée royaliste. Peu de chance de retrouver son acte de mariage si les noces ont eu lieu en Belgique, en Angleterre, ou partout ailleurs en France. Je vais quand même essayer de chercher dans les villes où il semble avoir résidé durant la Contre-Révolution.

Toujours est-il que dans son dossier vendéen se trouve une lettre écrite de sa main au Palais des Tuileries en présence du Roi Louis XVIII.

Joseph-Louis-Hippolyte BELLANGÉ, Adrien DAUZATS, Une revue militaire devant l'arc du Carrousel aux Tuileries sous l'Empire, 1862
Voici cette fameuse lettre numérisée aux Archives départementales du Maine-et-Loire : 







(source : Archives départementales du Maine-et-Loire - 1 M 9 / 328 - pp. 8-10)
Du 10 janvier 1824
Pierre Seicher De la Brunetiere
De St Laurent de la Plaine a Monsieur le Segretaire
de letàt
Monsieur.
Je vous ExpoSe que Depuis. 1790 je me suy
toujour praîté a Rendre Service a Ceux
Qui onts Etez Percecuté pour la
Religion. Et la justice Et haine de sa
Majesté Louis 16 Et l’ors que la Eté
Sacrifiez en 1793 : - Dans le Courant
Du Mois de Mars suivant quon a
Vangéz le Crime Abominable Je me
Suy Expatriéz Ensuite me sui faite
Enregimanté volontairement En L’armée
De Mr; De Bauchand Dont Je
Marcher Sous Ces drapaux ; aux Mois
De Novembre que nous avons passé
La Loire ; Monsieur de Bauchand
Etans Mort a varade Je Repassez La
L’oire avec 14 homme et me Sui Reüni a 
Pierre Cathelineau du Côtez du pain En
Mauge et de Salais pour oposer les
Requissions Des grains des Republiquins
Pour detruire notre paye au Retour de 
Mon La Rocheclin et Mr Estofflet ausitot
quil ce Sonlt faits Connoitre Segretement
Je parti avec une Compagnie donlt nous les
avons trouvez au Milieu de la nuite En
Une Petite Chomiere A Côté Des lande
De Mauge. Commune de Salais. afin de
Relever nos Drapaux Royâliste donlt nous
avons perdu notre premier Chef Ensuite
Nous avons Marché a la Suite de 
Mr Stofflet et apres avoir purgez leS autre
De notre paye je Eté nommez par le dit Mr
Stofflet a sonlt quartiez a St aubin Bobiniez
Pour geré la place de CommiSsaire pour
fournir au BeSoinS de nos armée Royale
et pour tenir Lordre et la Corespondance
En notre Commune pandand que nous avons
Conservez L’othoritez Royal ; En 1799 Je
Marchay a la Tête Dune Compagnie
Qu’on a trétéz pour la Liberté des
Ministre de la Religion ; ma santé Etant
Beaucoupe Incomodée de ces Cource ; ne me 
Permeté past de pouvoir marché En 1815
Je Eté Nomez CommiSsaire par Lordre
De Mr Dautichamp En date du 24 mai
Pour pourvoir aux Besoins Des Armée et la
SupSiStance des Indigent Royalis et Sans
Jamais avoir Chancelé je me suis toujourt
Randus utile et mi Rand Encore En tous mon
Pouvoir quoi qua lage de 57 an je prouve 
une Maladi qui me met hor deta de pouvoir
Travaillez ; Je Recu Comme un
Gage de Bienveillance Royâle fait
Au Chatau des tuileries le 11
Juillet 1817, Delivrez le 17 Mars
1821 Signée de la main de Sa
Magestez ; Louis. 18. faite Ce Dit jour
& ans que Dessus
p  ; Sechér.
six Mots Reyir nul
nous Sousigne Jacque caillault
Et mathurin Secher touts
deux anciens capitaine de St
laurant de la plaine
Sertiffions que lexposé ci
dessus et de lautre part
Est Sincere et veritable
cest pour quoi nous
lavons approuve et 
signe pour lui
servir a valoir a ce
que de Raison
Ce qu'on comprends de cette lettre à l'orthographe approximative, ainsi que des autres pièces du dossier, c'est que Pierre SEICHER (qui met en tête "Pierre Seicher de la Brunetière" du nom de la ferme qu'il habite, cela fait sûrement mieux à Paris) a émigré, avant de s'enrôler dans l'armée d'udu Marquis de Bonchamps. Au décès de ce général, il retraverse la Loire avec 14 hommes, d'où il gardera un asthme apparemment fort (il crache même du sang au dire du médecin) et invalidant.

Thomas DEGEORGE, Mort de Bonchamps (détail), 1837
Il rejoint Pierre Cathelineau pour s'opposer aux saisies de grains par les Républicains.

Jean-Hubert SAUZEAU, Les Vendéens demandent à Cathelineau de prendre la tête de l'insurrection, 1900
Il part donc avec une petite compagnie, retrouver le Comte de la Rochejaquelin et M. Stofflet dans une petite chaumière, en pleine nuit, pour continuer le combat royaliste après la mort du Marquis de Bonchamps.

Pierre-Narcisse GUÉRIN, Portrait d'Henri du Vergier, comte de la Rochejaquelein, 1817
Il suit M. Stofflet à Saint-Aubin-Baubigné où il est nommé commissaire pour fournir aux besoins de l'armée royale et tenir l'ordre et la correspondance de la commune. En 1799, il marche à la tête d'une compagnie pour la liberté des ministres de la religion. 

En 1815, il est nommé commissaire pour fournir aux besoins de l'armée royale par le Marquis d'Autichamp qui le charge de s'occuper des indigents.

*, Charles Marie de Beaumont d'Autichamp, début XIXe siècle
Enfin, le 17 mars 1821, il reçoit de la main du Roi Louis XVIII un brevet d'honneur au Palais des Tuileries, à Paris.

*, Portrait de Louis XVIII de France portant le cordon bleu du Saint-Esprit, entre 1814 et 1824
Rare parcours reconstitué d'un commissaire de l'armée royale pendant la Révolution. On suit toute sa campagne relativement bien relatée par lui-même (ce qui est encore plus rare) durant tous les troubles révolutionnaires. Ma chère nièce compte donc un chouan de plus parmi ses ancêtres !